Toto

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gato13
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Toto

Message par gato13 » 26 novembre 2025, 20:45

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(1978)

En 1978, sort l’album éponyme "Toto", premier enregistrement studio du groupe. C’est en 1976 que David Paich (claviers, chant) et Jeff Porcaro (batterie, percussions) réunissent autour d’eux des musiciens de session expérimentés afin de créer leur propre groupe pour pouvoir jouer sans aucune limite tous les styles de musique dont ils ont envie. Steve Porcaro (claviers, chant), David Hungate (basse), Bobby Kimball (chant) puis Steve Lukather (guitares, chant) sont recrutés et actent ainsi la naissance de Toto, nom proposé par Jeff Porcaro après avoir vu à la télévision "Le Magicien d’Oz" dans lequel le chien de Dorothy s’appelle Toto. Court et facile à retenir dans toutes les langues, ce nom ne plait pas à Steve Lukather qui a toujours dit que ce qu’il aimait le moins dans le groupe c’était son nom. Et pourtant, avec le recul, on peut se dire que ce fût le premier éclair de génie du groupe. Produit par le groupe, ce premier album est le parfait exemple de la polyvalence et de la richesse musicale de Toto. En musiciens de session aguerris qu’ils sont, ces derniers laissent libre court à leur créativité musicale et à leur inspiration débridée qu’elle soit rock, funk, hard-rock, pop, jazz ou dans le plus pur style de la musique californienne. Au programme, des hits en puissance, une interprétation haut de gamme, un éclectisme époustouflant, des mélodies imparables, des solos ébouriffants et des vocaux somptueux. Quarante-huit ans après la sortie initiale, le génial instrumental "Child's Anthem", les irrésistibles "I’ll Supply the Love", "Georgy Porgy", "Manuela Run" et "You are the Flower", la phénoménale "Girl Goodbye", l’indéboulonnable classique "Hold the line" et la très belle "Angela" n‘ont pas pris une ride et leur qualité ainsi que leur efficacité ne sont plus à prouver. Avec cet éponyme, Toto réalise un coup de maître. Malgré les critiques assassines et malveillantes de la presse rock de l’époque qui ne voyait dans le groupe qu’une association de requins de studio, qui ne savait pas dans quel courant musical il fallait classer ce groupe qui se permettait de jouer autant de styles différents avec une aisance, une arrogance aussi déconcertante, l’album "Toto" rencontra le public et fût un succès. La belle histoire ne faisait que commencer…





















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Re: Toto

Message par gato13 » 27 novembre 2025, 19:42

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(1979)

Un an après la parution du génial album éponyme, Toto revient avec son second album à la pochette bleutée mystérieuse et fort bien réussie. Serait-ce Connor MacLeod qui attend sagement le Kurgan son ennemi juré ? Pas du tout, tout simplement Steve Porcaro qui pour le coup opte pour une vaillante épée à défaut de claviers ensorceleurs dont il s’est fait un grand magicien. Huit ans avant l’apparition sur grand écran de Christophe Lambert, Sean Connery et Clancy Brown, nos braves Chevaliers de la Table à Toto s’affichent en highlanders du rock. Je ne sais pas si le groupe pratique la cartomancie ou si l’un d’entre eux a eu des visions prémonitoires, ce qui est sûr, c’est que cet album "Hydra" annonce brillamment ce que sera Toto dans le futur. En prenant à contrepied tout ce qui a fait la réussite éclatante de leur premier album, David Paich, Steve Porcaro, Jeff Porcaro, David Hungate, Bobby Kimball et Steve Lukather affirment encore plus leur volonté de ne s’imposer aucune limite. Plus élaboré, plus complexe, plus progressif, plus rock et moins pop, moins funk, moins variété accessible que son prédécesseur, "Hydra" n'en demeure pas moins une pierre angulaire de la discographie du groupe. Je dirais même qu’il est un album majeur et l’un de mes préférés de Toto. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il démontre que quel que soit le style dans lequel évolue le groupe, cela ne remet pas en cause la qualité d’écriture et d’interprétation. Oui, Toto peut tout jouer et il le prouve avec "Hydra" le titre alambiqué qui ouvre magistralement le disque. Cinématique, progressive, complexe, funky sur les couplets, rock sur les refrains, sublimée par un pont musical majestueux et un solo dantesque de Steve Lukather, cette pièce d’orfèvrerie est l’œuvre d’un groupe sûr de lui. Toto ne dresse aucune barrière et laisse libre cours à sa polyvalente richesse musicale. Les remarquables "St-Georges and the dragon", "99" et "Lorraine" confirment la forme éblouissante de chacun des musiciens du groupe. Bobby Kimball délivre une prestation vocale incroyable d’intensité sur l’extraordinaire "Mama" tandis que Jeff Porcaro impose à ce titre un rythme dont lui seul a le secret. Steve Lukather est stratosphérique avec des solos hallucinants où une technique sidérante est toujours au service de la mélodie et de la chanson. L’hymne "All Us Boys" et l’incendiaire "White Sister" en sont de parfaits exemples en plus d’être des compositions de très grande classe. Tout au long de l’album, l'interprétation y est éblouissante de maîtrise. Toto réalise avec "Hydra" une œuvre exigeante par certains aspects mais ô combien riche d’une inspiration, d’une interprétation et d’une musicalité sans failles. Génial, magistral et indispensable.

















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Re: Toto

Message par gato13 » 28 novembre 2025, 16:57

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(1981)

Troisième album studio du groupe, "Turn Back" parait en 1981. Avant d’aller plus loin dans les détails, je précise que j’adore la pochette. Mais que se cache-t-il derrière ce visage triste, déconfit, quasi au bout du rouleau ? Un clown triste, un hommage à Buster Keaton ? Ou bien alors, la soupe à la grimace de six musiciens désabusés face au peu de succès commercial de leurs deux précédents albums, malgré leurs évidentes qualités artistiques, écrasés sous la pression de leur maison de disques qui réclame des tubes à la pelle et des dollars comme s’il en pleuvait ? Pas du tout, derrière cette tête à Toto se cache un album qui respire la joie de vivre, un album franc du collier, sans fioriture ni garniture tape à l’œil, plus énergique, qui dépote sévèrement grave. Moins ambitieux et nettement plus rock que les deux précédents, "Turn Back" montre une nouvelle facette d’un groupe qui s’éclate. Le son du groupe se durcit et dans l’ensemble les guitares prédominent sur les claviers. L'aspect progressif reste présent mais pas autant que sur le précédent album "Hydra". L’efficacité et la qualité des chansons "Gift With A Golden Gun", "English Eyes", "Live For Today", "A Million Miles Away", "Goodbye Elenore" et "Turn Back" prouvent avec éclat que David Paich, Steve Lukather, Bobby Kimball, Jeff Porcaro, Steve Porcaro et David Hungate se font plaisir en lâchant la bride sur l’ambiance rock et l'aspect direct du disque. Bien qu'il n'ait pas rencontré un succès commercial franc, pour un grand nombre de fans de Toto dont je suis, "Turn Back" est un des albums les plus appréciés du groupe. Cet aspect beaucoup plus rock se retrouvera sur deux autres réalisations de Toto. Sur les fabuleux "Isolation" en 1984 et "Kingdom Of Desire" en 1992. Quand je vous dis que Toto peut tout jouer…

















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Re: Toto

Message par gato13 » 29 novembre 2025, 19:46

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(1982)

En entrant en studio en 1982, Toto est au pied du mur. Malgré les trois remarquables albums que sont "Toto", "Hydra" et "Turn Back", les ventes sont décevantes, pire leur troisième opus n’a rencontré du succès qu’au Japon. La maison de disques menace de mettre fin au contrat qui les unit au groupe si ce dernier ne rencontre pas de succès avec son album suivant. C’est donc un groupe sous pression qui débarque en studio. Toto va jouer sa survie avec dix compositions qui au final paraitront le huit avril mil neuf-cent-quatre-vingt-deux dans un album appelé "IV". Que dissimule cette illustration sobre sur un fond rouge éclatant où quatre anneaux ondulent tel un serpent autour de l’épée symbole déjà présente sur le premier opus ? Quarante-trois ans après sa parution, tout le mode connait le destin de cet album multirécompensé, de cet opus aux ventes faramineuses, de son impact culturel et sociétal qui quoi qu’on en dise ne sont pas usurpés. Mais se pourrait-il que malgré tout cet engouement médiatique ce Toto "IV" soit surestimé ? Pour certains oui, pour d’autres non. Pour ma part, je suis plus mitigé car il me semble que ce quatrième effort studio divinement produit a contre lui un gros handicap qui sont en fait les deux clés de son retentissant succès. Les méga tubes planétaires "Rosanna" et "Africa" qui ouvre et ferme l’album ont totalement éclipsé les autres compositions de l’album. Exceptée la majestueuse "I Won't Hold You Back" qui, elle aussi, a rencontré un succès public, certes moindre que les miraculeuses "Rosanna" et "Africa", qui dans le grand public connait les excellentes "Make Believe", "Good For You", "Afraid Of Love", "Lovers In The Night" et "Waiting For Your Love" ? Pire, même certains fans parmi les plus endurcis se plaisent à dénigrer cet album qu’ils ne résument qu’à ses deux réussites majeures comme s’ils avaient peur d’avoir honte d’avouer qu’ils regrettent que leur groupe fétiche ait atteint le but qu’il s’était fixé à sa création. Ce n’est pas parce que Toto a écrit cet excellent "IV" en laissant de côté, pour un temps, des chansons plus progressives pour des titres plus mainstream que l’on doit renier la qualité d’interprétation, le niveau d’inspiration et la créativité artistique du groupe. Après tout, on peut profiter de l’album en zappant "Rosanna" et "Africa" pour se focaliser sur les autres pépites qui les accompagnent. J’ai choisi mon camp, j’écoute toujours Toto "IV" en intégralité et avec autant de plaisir même si j’avoue que ce n’est pas mon album favori du groupe. En vérité je vous le dis, Steve Lukather, David Paich, Jeff Porcaro, Steve Porcaro, Bobby Kimball et David Hungate avec leur groupe Toto embellissent mon quotidien avec une classe et un talent immenses. Et malgré les changements à venir, les drames que le groupe affrontera, depuis plus de quarante ans je suis fan absolu de Toto et ce n’est pas près de s’arrêter…





















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Re: Toto

Message par gato13 » 02 décembre 2025, 19:23

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(1984)

La maison de disques est aux anges, l'album "IV" a raflé la mise. Immense succès critique et énorme succès commercial. Jackpot à tous les niveaux. Mais qu’en est-il de Toto ? Que se passe-t-il en coulisses ? En 1984, il est désormais temps pour David Paich, Steve Lukather, Jeff Porcaro et son frère Steve de donner suite à cet ouragan couronné de lauriers qu’est "IV". Oui, vous avez bien lu, je n’ai cité que quatre des membres du groupe. En effet, à l’heure d’enregistrer son cinquième album studio, Toto doit faire face au départ du bassiste David Hungate pour raison familiale et au renvoi du chanteur Bobby Kimball en raison d'une consommation de drogue qui affecte sa capacité à chanter. Pour remplacer ce dernier, Toto recrute Fergie Frederiksen au timbre vocal puissant, rock et haut perché. Une voix qui va parfaitement coller à la volonté du groupe d’enregistrer à nouveau un album très rock comme ce fut le cas en 1981 avec "Turn Back". En plus de Fergie Frederiksen, ce nouvel album studio intitulé "Isolation" voit enfin l'arrivée de Mike Porcaro au sein du groupe en remplacement de David Hungate. Décidément, chez les Porcaro la musique est une affaire de famille surtout quand elle est exercée avec un talent incroyable. Plus rock que son historique prédécesseur, "Isolation" est pour un grand nombre de fans de Toto l’album préféré, celui qui est souvent cité comme étant le plus homogène, le plus énergique, le plus éloigné des visées commerciales imposées par la vénale maison de disques qui souhaite réitérer l’exploit de l'album précédent. Tout comme celle de "Turn Back", je trouve la pochette de l’album magnifique et tout comme le merveilleux troisième album de Toto, vous avez compris que je suis un éternel adorateur de ce fantastique "Isolation" qui pour moi fait partie des tous meilleurs albums du groupe. Bien qu’il n’y ait pas d’immenses classiques comme sur "Toto" et "IV", l’inspiration est à son zénith avec les remarquables "Carmen" et "Lion", la géniale "Stranger In Town", la ballade "How Does It Feel", les addictives "Endless", "Isolation" et "Mr Friendly", les orchestrales "Angel Don't Cry" et "Change of Heart" et pour finir l’album, la merveilleuse "Holyanna". Fort de cette volonté d’enregistrer un disque foncièrement direct et rock, Toto est resté intègre et fidèle à son ADN musical poussé vers l’ouverture et la liberté de création artistique. Enregistré dans cette optique, souvent oublié du grand public, "Isolation" est pour de nombreux fans de Toto dont je suis l’album favori et celui vers qui notre cœur balance le plus souvent. Avec "Isolation", Toto a enregistré un album essentiel et une œuvre majeure des années quatre-vingt.





















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Re: Toto

Message par gato13 » 03 décembre 2025, 17:21

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(1986)

En cette année 1986, lorsque Toto entre en studio pour enregistrer le successeur du génial "Isolation", une évidence s’impose pour le groupe. Bien que sa performance vocale sur le précédent album ait été irréprochable, l’alchimie humaine entre Fergie Frederiksen et le groupe n’est pas au beau fixe. Le chanteur n’a pas réellement réussi son intégration au sein de Toto notamment en tournée. De plus, il se montre incapable de livrer des lignes de chant qui conviennent aux nouvelles compositions du groupe. Lui qui avait été le choix parfait quand Toto avait décidé avec "Isolation" d’enregistrer un album très rock se retrouve en délicatesse lorsque débute les séances d’enregistrement de "Fahrenheit". Ce sixième album studio s’annonçant beaucoup plus soft, soul et rock californien, Toto se voit donc dans l’obligation de se séparer du chanteur. Le groupe recrute Joseph Williams qui n’est autre que le fils de John Williams, célèbre chef d’orchestre et compositeur de musiques de films tels que les Indiana Jones, Star Wars, Harry Potter et la grande majorité des bandes originales des films de Steven Spielberg. "Fahrenheit" est donc le premier album de Toto où l’on peut entendre la fantastique et impériale voix de Joseph Williams. Puissante, chaude, sensuelle, soul, rock, jazzy, funky, sa tessiture vocale est proprement hallucinante et colle parfaitement avec l’ambiance de ce "Fahrenheit". Moins rock que le précédent "Isolation", "Fahrenheit" est plus orienté West Coast avec un son beaucoup plus feutré, nuancé et clean. Les compositions sont très variées et mis à part la catastrophique chanson titre, l’album est un florilège de trésors mélodiques. La funky rock "Till The End" avec ses cuivres millimétrés ouvre l’album avec classe et éclat. "We Can Make It Tonight", "Can't Stand It Any Longer" et "Could This Be Love" sont de superbes titres soft rock. Une fois de plus, Steve Lukather nous régale et nous enchante avec la sublime "Without You" et la somptueuse ballade "I'll Be Over You". Autant la pénible "Fahrenheit" m’est insupportable, autant la merveilleuse "Somewhere Tonight" m’est indispensable. C'est au tour de Steve Porcaro de nous charmer une fois encore avec la douce "Lea" qui une fois n’est pas coutume n’est pas chantée par lui mais par un Joseph Williams dont la performance toute en délicatesse en dit long sur son immense talent. Pour finir en beauté un album qui jusqu’ici, mis à part la faute de goût du titre éponyme, n’a aligné que des titres inspirés, Toto a invité le grand Miles Davis à venir jouer sur le bel instrumental jazzy "Don't Stop Me Now" qui clôt superbement un magistral "Fahrenheit" dans lequel Toto, avec une classe immense et un talent sans failles, a encore une fois élargit son éventail musical qui semble sans limites. "Fahrenheit" est un indispensable de plus dans la discographie de Toto.





















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Re: Toto

Message par gato13 » 04 décembre 2025, 20:59

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(1988)

En 1988, c’est un groupe presque au complet qui retourne en studio pour enregistrer son septième album. Presque complet car à la fin de la tournée de promotion de "Fahrenheit", Steve Porcaro a décidé de se mettre en retrait du groupe afin de s’occuper de ses projets musicaux. Par solidarité, il reste dans les alentours de Toto pour l’enregistrement de ce nouvel album qui, certainement après de longues discussions et une profonde réflexion, sera intitulé "The Seventh One". Pour un septième album, on ne pouvait rêver mieux et plus explicite. Mais à part l’intense suspense quant au nom dudit album, la question primordiale qui me brûle la langue est la suivante, Toto peut-il faire aussi bien voire mieux que l'excellent "Fahrenheit" paru deux ans plus tôt ? La réponse dithyrambique à cette insoutenable attente est oui sans aucune hésitation ni aucune contestation. "The Seventh One" dépasse toutes mes espérances et s'impose comme l'album le plus emblématique du groupe (plus que "Toto IV" en ce qui me concerne). Cette collection de onze pierres précieuses écrites par des orfèvres est la nouvelle preuve éclatante de la polyvalence du groupe et de sa déconcertante capacité à embrasser avec brio tous les styles musicaux qu’ils désirent aborder. David Paich, Steve Lukather, Joseph Williams, Jeff et Mike Porcaro sont en état de grâce. La production exemplaire est à la hauteur de l’inspiration du groupe. "Pamela", "You Got Me", "Anna", "Stop Loving You", "Mushanga", "A Thousand Years", "These Chains" alternent brillamment groove, soul, funk, ballades enchanteresses et percussions africaines avec un égal talent. Les musiciens nous rappellent aussi combien ils sont à l’aise dans toutes les déclinaisons du rock qu’ils interprètent, qu’il soit percutant avec "Stay Away", teinté de rhythm'n’blues avec "Straight For The Heart" ou FM avec "Only The Children". Avec l’ambitieuse et exceptionnelle "Home Of The Brave" en guise de conclusion, Toto renoue magistralement avec des appétences progressives en berne depuis l’album "Turn Back". Et ceci me comble de bonheur. En enregistrant cet album parfait qu’est "The Seventh One", Toto tient dans ses mains l’album qui les propulsa au firmament. Quintessence du style musical Toto, "The Seventh One" est un chef-d’œuvre.























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Re: Toto

Message par gato13 » 05 décembre 2025, 22:23

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(1992)

Quatre années se sont écoulées depuis la sortie du chef-d’œuvre "The Seventh One" lorsque débarque dans les bacs de nos disquaires préférés le huitième album studio de Toto. Entre temps, la compilation "From Past To Present 1977-1990" contenant quatre chansons inédites est parue en 1990. Quatre nouvelles compositions qui furent interprétées par un nouveau chanteur suite au renvoi de Joseph Williams pour les mêmes raisons qui amenèrent Toto à se séparer de Bobby Kimball en 1984. La tournée mondiale de promotion pour le best-of fut un énorme succès public mais en coulisses l’ambiance entre le chanteur Jean-Michel Byron et le reste du groupe fut pour le moins tendue. Suite au renvoi de Jean-Michel Byron, David Paich, Steve Lukather, Jeff et Mike Porcaro entrent en studio en 1991 en formation réduite. Toto se retrouve donc à quatre et il est décidé en interne de n’avoir qu’un seul chanteur pour l’album à venir. Fort de son expérience sur son premier album solo paru en 1989, Steve Lukather se retrouve logiquement promu chanteur unique de Toto. Intitulé "Kingdom Of Desire", ce nouvel album est celui de la liberté, de la colère, de la revanche et comment mieux exprimer ces sentiments que par une musique énergique, puissante, salvatrice et beaucoup plus directe. "Turn Back" et "Isolation" ont été jusqu’ici les deux albums du groupe orientés rock. "Kingdom Of Desire" va plus loin en dévoilant la face hard-rock de Toto. On savait que Steve Lukather, David Paich, Jeff Porcaro puis Mike Porcaro pouvaient aisément rivaliser avec n’importe quel groupe de hard-rock si l’envie leur en prenait. Des titres comme "Girl Goodbye", "All Us Boys", "White Sister", "Stay Away" en sont des preuves éclatantes. Mais, mettre autant la guitare en avant comme tout bon groupe de hard-rock sait le faire, peu de fans auraient misé sur une telle éventualité. Oui mais voilà, Toto n’est pas n’importe quel groupe. Et il le prouve d’entrée avec un rugissant "Gypsy Train" qui vous envoie au tapis dès le premier round. Pas que je sois particulièrement masochiste, mais un knock-out qui vous déboite la mâchoire aussi efficacement, je signe de suite même si je dois me contenter de ne manger que de la soupe pour le restant de mes jours. Retour aux fondamentaux de Toto avec le méga hit de l’album "Don't Chain My Heart". Un titre sublimé par un groove irrésistible, un couplet rock génial, un refrain magistral avec des chœurs soul de toute beauté et un Steve Lukather éblouissant aussi bien au chant qu’à la guitare. Un must absolu du groupe. "Never Enough" avec son riff addictif, ses cuivres et ses chœurs rock’n’roll, ses percussions et son splendide final au rythme latino que n’aurait pas renié le Santana de la grande époque, est un autre uppercut qui fait un bien fou. Le rythme se fait plus puissant et plus lent sur "How Many Times" avec un superbe refrain aux très belles harmonies vocales. "Two Hearts" est la première ballade de l’album qui en compte deux. Toujours à l’aise dans cet exercice, Toto atteint son objectif avec un savoir-faire indéniable. "Wings Of Time" est un magnifique mid-tempo qui fait la part belle aux nappes de claviers jusqu’ici très discrètes et aux mélodies enchanteresses. Le long final de cette superbe composition est une merveille de musicalité. L’éclate totale arrive avec l’endiablée et funky-rock "She Knows The Devil". La rythmique est démentielle, l’énergie contagieuse et la bonne humeur totale. Il est fortement déconseillé d’écouter cette chanson en voiture si vous ne voulez pas que vos jambes et votre tête partent en vrille. Le groupe met le frein sur la pédale avec "The Other Side" qui possède une mélodie magnifique comme souvent avec Toto et un solo de toute beauté. "Only You" est la deuxième ballade du disque et à mon humble avis, elle figure parmi les plus profondes, les plus belles et les plus émouvantes du groupe. Par son groove de basse et ses synthés bien plus présents, "Kick Down The Walls" aurait très bien pu figurer sur un album des années quatre-vingt. Encore une fois, un morceau très accrocheur. Avec "Kingdom Of Desire", chanson titre de l’album, Toto atteint des sommets. Tout est parfait dans cette composition ambitieuse où le groupe retrouve sa fibre progressive en alternant riff lourd, montées en puissance vers un pont ascendant avant l’arrivée d’un refrain majestueux et l’intervention d’un Steve Lukather plus inspiré que jamais lors du magistral solo. Un morceau exceptionnel qui figure parmi les plus grands classiques du groupe. Je peux en dire autant pour le chef-d’œuvre instrumental qui conclut l’album. "Jake To The Bone" ou la quintessence musicale de quatre musiciens en état de grâce délivrant une performance d’anthologie en bouquet final. "Jake To The Bone" où Mike Porcaro et Jeff Porcaro avec leur imparable groove basse-batterie, David Paich avec ses solos de piano endiablés et surtout Steve Lukather qui au milieu du morceau sur un long passage progressif joue ce qui peut être considéré comme étant l’un des plus beaux solos de sa carrière, mélodique, planant et gorgé de feeling. Doté d’une production fantastique, fort de douze compositions parfaites, remarquablement interprété, détonant par sa coloration musicale qui assume pleinement l’énergie hard-rock du groupe, "Kingdom Of Desire" est un album essentiel dans la carrière de Toto et pour de nombreux fans de ce groupe hors-norme, il est leur meilleur. Pour moi, c’est un chef-d’œuvre absolu tout comme le précédent "The Seventh One".

























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Re: Toto

Message par gato13 » 06 décembre 2025, 20:54

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(1995)

Le cinq août 1992, Jeff Porcaro, fondateur et batteur historique de Toto, décède. David Paich, Steve Lukather et Mike Porcaro décident d’honorer les engagements pris par le groupe pour la tournée mondiale de promotion de l’album "Kingdom Of Desire". En un temps record au vu des tristes circonstances, Toto recrute le batteur Simon Phillips dont le curriculum vitae a de quoi impressionner. Fantastique musicien de studio et de scène, ce dernier a accompagné Jeff Beck, Michael Schenker Group, Mike Oldfield, Judas Priest, Mike Rutherford, The Who et Tears for Fears entre autres. La tournée prévue devient une tournée en hommage à Jeff Porcaro. Émotion et énergie sont au programme du "Kingdom Of Desire Tour" qui débute à Manchester le 26 septembre 1992 et se termine le 4 décembre de la même année à Sydney en Australie. Soit un total de quarante-cinq dates pour des concerts d’une durée avoisinant les deux heures et quarante-cinq minutes par soir. Votre humble serviteur, présent le 26 octobre 1992 au Zénith de Montpellier, en garde un souvenir fort tant la prestation du groupe ce soir-là fût intense. Le 14 décembre 1992, "The Jeff Porcaro Tribute Concert" se déroula à Los Angeles avec les présences de Toto, Michael McDonald, Donald Fagen, Denny Dias, Boz Scaggs, Don Henley, Eddie Van Halen, David Crosby et George Harrison. Une page était définitivement tournée. Qu’allait-il advenir de Toto ? Un temps, la dissolution du groupe fût envisagée. Pour ma part, la délivrance arrive le 29 septembre 1995 lorsque je sors de chez mon disquaire préféré avec entre mes mains le nouvel album de Toto paru le jour même. Premier constat, la pochette de cet opus intitulé "Tambu" est sublime. Ça commence bien. Second point qui me rassure, Toto a officialisé Simon Phillips en tant que nouveau batteur du groupe. Je suis encore et toujours un admirateur inconditionnel du regretté Jeff Porcaro mais je ne peux que m’incliner devant l’immense talent de Simon Phillips dont j’appréciais déjà le travail avec MSG et Mike Oldfield. Ce qui frappe d’entrée avec "Tambu", c’est l’exceptionnelle qualité de la production de l’album. Le son plus velouté et moins rugueux que sur "Kingdom Of Desire", limpide et organique, redonne à la musique de Toto l’écrin californien qui lui sied si bien. La somptueuse "Gift Of Faith" ouvre l’album avec son groove impressionnant avant un final de toute beauté où chœurs et riff de guitare se marient à merveille. "I Will Remember" s’impose immédiatement dans le top cinq des plus belles ballades du groupe grâce à sa superbe mélodie mélancolique et à la poignante performance vocale de Steve Lukather notamment sur le très beau refrain. "Slipped Away" confirme l’excellente impression laissée par les deux remarquables premiers morceaux. Ici le tempo sonne bluesy avant un refrain aérien du plus bel effet. Deuxième ballade du disque avec "If You Belong To Me" qui arrive trop tôt après la première alors que nous n’en sommes qu’à la quatrième plage de l’album. Agréable mais pas aussi marquante que celle qui la précède. "Baby He's Your Man", sorte de R’N’B passe partout et sans réelle saveur est le maillon faible de l’album. Sans intérêt, ce qui n’est pas le cas de "The Other End Of Time" qui n’est pas très éloignée de "I Will Remember" dans le top des magnifiques ballades de Toto. "The Turning Point" est à nouveau une chanson typée R’N’B. Pas transcendante mais tout de même bien meilleure que sa compagne de l’album. "Time Is The Enemy" et "Just Can't Get To You" relèvent le niveau. Entre les deux, l’ébouriffante "Drag Him To The Roof" affole tout sur son passage. Un des sommets de l’album avec sa rythmique infernale, son refrain accrocheur et ses parties instrumentales qui sont des merveilles d’exécution et de technique musicale. Le remarquable instrumental jazz-rock-fusion "Dave's Gone Skiing" et la sublimissime "The Road Goes On" qui alterne couplet acoustique, refrain magnifique sur une guitare saturée avant un solo lumineux de Steve Lukather clôturent l’album en beauté. Malgré deux titres en dessous du niveau des autres, "Tambu" est un superbe album réalisé par un groupe qui a pris le temps, avec ce disque plus posé, de se reconstruire après la tragédie qui l’a frappé. "Tambu" est un album classieux, chaleureux et émouvant.

























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gato13
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Re: Toto

Message par gato13 » 10 décembre 2025, 14:53

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(1998)

En 1998, pour fêter les vingt ans d’existence de Toto, le groupe décide d’offrir un cadeau inespéré à ses nombreux fans. "Toto XX : 1977-1997" est une collection de titres inédits que le groupe considère comme étant un nouvel album plutôt qu’une énième compilation. On y retrouve des compositions de différentes périodes ainsi que quatre titres enregistrés live en 1991 et 1998. L’excellente "Goin' Home" enregistrée lors du retour de Bobby Kimball en 1989 ouvre admirablement l’album. On poursuit dans l’excellence avec "Tale Of A Man" qui date de 1979 et aurait pu, aurait dû figurer sur l’album "Hydra". Un titre tellement efficace que le groupe décida de l’intégrer en deuxième morceau sur la setlist de la tournée de 1999 qui donna l’album live "Livefields". Les trois chansons suivantes qui datent de 1986 et 1987 sont interprétées par Joseph Williams. La reggae "Modern Eyes" et "In A Word" dans le style FM, méritaient de figurer sur l’album "Fahrenheit" en lieu et place du désastreux titre éponyme. "Last Night" est une inédite provenant des sessions d’enregistrement de "The Seventh One" et on se demande comment elle a pu être écarté de l’album final tant ce titre possède toutes les qualités qui auraient pu en faire un tube essentiel de Toto. La superbe "Right Part Of Me" est une chanson datant de 1984 enregistrée lors des sessions de l’album "Isolation". Elle est interprétée par un Bobby Kimball émouvant et par ses cordes et son orchestration aurait très bien pu être écrite pour l’album "IV". C’est dire la beauté de cette composition. Le renvoi par le groupe de Bobby Kimball, alors aux prises avec ses addictions, en a décidé autrement. Un bond en arrière avec l’irrésistible "Mrs Johnson" dont on se demande en l’écoutant pourquoi elle ne figure pas sur le mythique premier album du groupe. Un choix mystérieux qui semble être une des grandes spécialités de Toto au moment de la décision qui va concerner les titres retenus pour la tracklist finale. On ne peut pas en dire autant des dispensables "Miss Sun" et "Love Is A Man’s World". Par contre à l’écoute de la version live de la hard-rock "On The Run" enregistrée en 1991 à Montreux, une seule question me vient à l’esprit. Mais pourquoi donc une version studio de cette pépite incendiaire parmi les plus réussies du groupe ne figure pas sur "Kingdom Of Desire" ? Pour finir, on a droit à trois titres live enregistrés en Afrique du Sud à Johannesburg en 1998 dont l’instrumental "Dave's Gone Skiing" et "Africa" dans une festive version introduite chaleureusement par "Baba Mnumzane" avec des chœurs africains. Cette magnifique collection d’inédits prouve que Toto ne s’est pas moqué de son public en sortant de ses placards un grand nombre de ses pépites qui n’auraient pas démérité en figurant dans les albums officiels du groupe. Bien au contraire.























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