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Re: AC/DC

Posté : 14 novembre 2020, 19:24
par Le Nobre
Nos avis diffèrent sur quelques points.

Pour moi Love Bomb n'est pas un maillon faible. Seule Whiskey On The Rocks marque un peu le pas dans ce Ballbreaker qui montre qu'avec son vrai batteur AC/DC retrouve toute sa personnalité. Même si Chris Slade n'a pas démérité loin s'en faut. Autre nuance : Ballbreaker est le meilleur album depuis... Flick Of The Switch ;)

Sur Stiff Upper Lip, j'aime justement Come And Get It, du rock bien voyou qu'on croirait sorti d'un vieux Bon Scott. Dans le même esprit, Damned en revanche ne décolle pas. Tout comme All Screwed Up que je trouve très quelconque. Et surtout je n'aime pas du tout House Of Jazz, poussive comme ce n'est pas permis après le génialissime Meltdown et gâchée d'emblée par le chant hurlé de Brian. Autant il excelle dans certains morceaux de cet album autant là il tombe dans ce travers qui agace, le fait de pousser toujours plus haut, alors qu'il a une gouaille formidable quand il veut, réécouter Boogie Man ou Hail Caesar... Mais globalement, Brian ne varie pas assez, le problème c'est que son système de sirène hurlante n'a vraiment fonctionné que de Back In Black à Flick Of Switch. Là c'est hallucinant, sa voix c'est de la lave. Mais il l'a vite écorché vive et sur scène, dès le départ, il s'est montré incapable de rééditer certaines de ses poussées furieuses.
A l'époque de Stiff Upper Lip, il ne peut pas chanter comme en 1981. Pour réussir House Of Jazz telle qu'il l'attaque, il lui faudrait la voix de Snowballed. Impossible ! Résultat : quand il ont essayé Meltdown, le meilleur titre de l'album, en live il était incapable de la chanter. Tout le morceau en dessous de la note...

En tous cas, ce son Ballbreaker et Stiff Upper Lip est le meilleur, celui qui convient le mieux à AC/DC, avec bien sûr celui de Mutt Lange.
A+

Re: AC/DC

Posté : 14 novembre 2020, 23:40
par gato13
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(2008)

Huit ans après l'excellent "Stiff Upper Lip" aux fortes sonorités blues-rock qui renouaient avec la signature sonique AC/DC, paraît ce "Black Ice". Celui-ci est produit par Brendan O'Brien (Pearl Jam, Neil Young, Rage Against the Machine, Bruce Springsteen, Audioslave...). La production moderne et puissante, aussi excellente soit-elle, s'éloigne malheureusement du son bien gras et bluesy des deux précédents opus "Ballbreaker" et "Stiff Upper Lip". Clinquante et radiophonique, elle renoue avec des albums plus mainstream comme le furent "The Razors Edge" et la trilogie Robert "Mutt" Lange. Pourtant elle est loin d'égaler la période "Mutt" Lange car là où le génial producteur avait amélioré et transformé le son studio d'AC/DC sur trois albums consécutifs avec chacun son identité propre, O' Brien se contente d'offrir au groupe un son de qualité un peu trop clinique par instant, sans aspérités ni rugosité. L'exemple le plus frappant étant la batterie de Phil Rudd un poil trop aigüe et manquant de rondeur et de profondeur. À l'inverse, le grand gagnant du mixage est Brian Johnson dont la voix sonne à merveille. Je dois bien l'avouer, l'album ne débute réellement pour moi qu'à partir de "Big Jack". "Skies on Fire" est ennuyeuse et je trouve "Rock 'N Roll Train" assez quelconque pour un premier titre. "Anything Goes" est une petite merveille mélodique dans laquelle le chant de Brian fait des miracles. Accrocheuse et rock FM classieux, un tube en puissance. "War Machine" est bien menaçante avec son refrain guerrier. Au même titre que "Skies on Fire", "Smash 'N Grab", "Spoilin' for a Fight" et "Wheels" sont elles aussi très dispensables et plombent sérieusement la fin de la première moitié de l'album. Mais les boys se reprennent en main à partir du neuvième morceau et alignent sept joyaux qui mettent à terre toutes les réserves émises jusque là. Les groovy "Decibel" et "She Likes Rock 'N Roll" mettent en valeur le grand Cliff Williams et sa basse chaloupée. Avec "Stormy May Day" et "Money Made", on est pas très éloigné d'un ZZ Top. Brian Johnson y excelle. "Rock 'N Roll Dream" est une merveille sous-estimée et méconnue qu'il faut impérativement réhabiliter. L'efficace "Rocking All the Way" précède la funky-rock "Black Ice". Avec sa rythmique en crescendo, c'est de la dynamite et il semblerait que seul AC/DC en possède le secret. Sont-ils tombés dans le chaudron de la potion magique du riff qui tue ? Il faut le croire, car malgré un début d'album laborieux, malgré les quatre maillons faibles qui s'y trouvent, malgré les réserves concernant la production, ce "Black Ice" a vraiment fière allure. Si seulement il avait été produit par Rick Rubin, George Young ou "Mutt" Lange...































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Re: AC/DC

Posté : 14 novembre 2020, 23:57
par Le Nobre
Sur le son, la prod, 100% d'accord, et ceci s'applique aux deux albums suivants.
Concernant les morceaux, chacun ses goûts, moi je retiens Rock N Roll Train, Skies On Fire (mais oui), Anything Goes, War Machine, Rock N Roll Dream et Black Ice. Mention correcte à Decibel et Big Jack. Point. Le reste m'ennuie. Mais au moins c'est vrai voilà un album où Brian Johnson varie les plaisirs.
A+

Re: AC/DC

Posté : 15 novembre 2020, 15:23
par gato13
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(2014)

À nouveau produit par Brendan O'Brien, "Rock or Bust" est le premier album enregistré sans Malcolm Young qui a dû quitter le groupe pour raison de santé. Stevie Young, neveu des frères Young, le remplace. Ce dernier avait déjà suppléer à l'absence de Malcolm lors de la tournée américaine en 1988. Tout comme pour le précédent "Black Ice", la production est trop clinquante et sonne plus big rock que rock bluesy. Trop d'effets inutiles, de réverb, de chœurs sur-gonflés qui donnent l'impression que des choristes viennent s'ajouter aux voix de Stevie Young et Cliff Williams. On a peine à croire qu'il s'agisse derrière les manettes du même Brendan O'Brien qui a produit pour Pearl Jam les brûlots que sont "VS" et "Vitalogy". Deux albums sans fioritures, au son radical pour un rock quasi punk qui a gardé toute son énergie viscérale. AC/DC est le groupe idéal pour ça et pourtant, là encore, il en rajoute. C'est sûr, ça claque, ça décoiffe, ça booste les enceintes mais au détriment d'une certaine crasse rock'n'roll qui sied si bien à la musique du groupe. Autre surprise du disque et pas la moindre, sa durée qui dépasse à peine 35 minutes pour onze morceaux. Pour du concis, c'est du concis. Et c'est bien là que le bat blesse sur la plupart des titres. Couplets, refrains, solo riquiqui quand il y en a un et point barre. Certes, depuis quarante ans c'est la recette appliquée par AC/DC mais ce qui a fait la grande force du groupe, c'est que malgré cette formule établie, on trouvait toujours des nuances, des petits breaks, des ponts judicieux, des intros savamment travaillées, des changements de tempo dans un même titre. Ici, le titre le plus long atteint 3min.41sec. Cet album s'écoute volontiers, il apporte son lot de riffs, d'énergie sauf qu'il passe à la vitesse de l'éclair et qu'à la fin on n'a pas retenu grand chose de foudroyant. Surnagent au milieu de tout ça, "Play Ball" et "Rock the Blues Away", les deux pépites de ce "Rock or Bust". Riff impeccable et mélodie imparable, Brian Johnson au top. AC/DC dans ce qu'il a de meilleur et ça fait du bien. On peut aussi retenir l'efficace "Rock or Bust", "Dogs of War", "Hard Times" et son groove irrésistible, le zeppelinien "Rock the House" et "Sweet Candy". Les quatre autres morceaux sont assez quelconques dans l'ensemble. Ce "Rock or Bust" n'est pas déplaisant mais il est clairement en dessous des curseurs d'excellence auxquels le groupe nous a très souvent habitués. Encore une fois, le grand gagnant de l'album est haut la main Brian Johnson et cela fait réellement plaisir.























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Re: AC/DC

Posté : 16 novembre 2020, 15:07
par gato13
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(2020)

Le voilà donc ce "PWR/UP" tant attendu, presque inespéré. Quoi de neuf à l'horizon ? De l'harmonica, du saxophone, une ballade au piano, des cordes, un morceau progressif de dix minutes ? Que nenni. AC/DC fait du, sonne comme AC/DC. Et c'est tant mieux car ils sont les seuls et c'est pour ça que je les ai dans la peau depuis plus de quarante ans. Commençons par la petite fâcherie. Une fois encore, Brendan O'Brien a concocté une production bigger than life. Too much, une abondance de chœurs à faire pâlir de jalousie les gars d'Accept. Des effets sur la voix pas toujours judicieux et des guitares en veux-tu en voilà au point qu'on va finir par croire qu'ils sont quatre ou cinq guitaristes à jouer en même temps. C'est clair, à l'écoute c'est un mur du son que vous prenez en pleine poire, et je n'imagine même pas ce qu'en pense les voisins. Comme une constante depuis "Black Ice", Brian Johnson brille de mille feux sur cet album. Un régal, un plaisir immense de l'entendre si inspiré et en voix tout au long de ces douze titres. Comme pour "Rock or Bust", les titres sont relativement courts et manquent parfois de développement plus poussé. Une volonté d'aller à l'essentiel ou le simple fait que l'absence du patron et architecte d'AC/DC se fait cruellement ressentir dans la construction et l'élaboration des chansons. Parlons-en de ces chansons. Dans l'ensemble, ce "Power Up" est très homogène et ne souffre d'aucune baisse de régime flagrante comme ce fût le cas sur les trois dernières livraisons du groupe. C'est un bon point. Je retiens particulièrement "Realize", "Shot in the Dark", "Kick You When You’re Down", "Demon Fire", "Wild Reputation", "No Man's Land" mais surtout les géniales "Through the Mists of Time" et "Witch's Spell" qui s'inscrivent immédiatement dans mes cages à miel et descendent à la vitesse de l'éclair vers mes pieds. Quant à ma tête, c'est indescriptible, plafond, sol carrelé, plafond, sol carrelé. Bon je n'en peux plus, je vous laisse car je ne tiens plus en place et dois me lever illico presto de mon siège. Après tout, trente six minutes d'AC/DC ça équivaut bien à une heure de sport...

























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Re: AC/DC

Posté : 16 novembre 2020, 15:23
par gato13
Mon Top Album du groupe très compliqué à définir surtout au niveau des cinq premières places...

01 - Let There Be Rock (1977)
02 - Back in Black (1980)
03 - Powerage (1978)
04 - Highway To Hell (1979)
05 - Flick of the Switch (1983)
06 - For Those About to Rock We Salute You (1981)
07 - Ballbreaker (1995)
08 - Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976)
09 - High Voltage (1976)
10 - Blow Up Your Video (1988)
11 - The Razors Edge (1990)
12 - Stiff Upper Lip
13 - Power Up
14 - Black Ice
15 - Rock or Bust
16 - Fly on the Wall


Un classement qui varie selon les humeurs, mais qui ne va quand même pas jusqu'à intervertir "Fly on the Wall" avec "Let There be Rock" ;)

Re: AC/DC

Posté : 16 novembre 2020, 15:51
par Le Nobre
Le même Power Up avec le son roots de SUL et un peu plus de respiration, de soli, et on tenait un très bon AC/DC.
Mais bon, quelle joie de les retrouver !

Très beau classement ! Blow Up Your Video me paraît un peu trop haut quand même. ;)

Re: AC/DC

Posté : 24 novembre 2020, 21:54
par Anne-A

Re: AC/DC

Posté : 24 novembre 2020, 22:10
par gato13
Anne-A a écrit :
24 novembre 2020, 21:54
https://www.youtube.com/watch?v=UvlkXjn-ZlU


"Ton Dernier Acte" a toujours fait parti de mes titres préférés de Trust. Une émotion palpable, une intensité incroyable, un texte sublime et un Bernie bouleversant. La version live est très belle, plus blues et moins metal ;)

8-)