
(2024)
"Juré n°2" est le quarantième long-métrage de Clint Eastwood en tant que réalisateur. On l'annonce comme étant sa dernière réalisation. Si c'est le cas, je ne peux qu'applaudir à tout rompre devant une si merveilleuse, élégante et classieuse sortie. "Juré n°2" côtoient ses plus belles œuvres telles que "Sully", "American Sniper", "J. Edgar", "Gran Torino", "L'Échange", "Lettres d'Iwo Jima", "Mémoires de nos pères", "Million Dollar Baby", "Mystic River", "Sur la route de Madison", "Un monde parfait", "Impitoyable", "Pale Rider, le cavalier solitaire", "Le Retour de l'inspecteur Harry", "Honkytonk Man", "Josey Wales hors-la-loi", "Breezy", "L'Homme des hautes plaines" et "Un frisson dans la nuit". Et quand on sait que le reste de son abondante filmographie contient des réussites comme "La Mule", "Créance de sang", "Space Cowboys", "Jugé coupable", "Les Pleins Pouvoirs", "Firefox, l'arme absolue", "Bronco Billy", "L'épreuve de force" et "La Sanction" aux côtés de films plus rares, moins grand public, mais tout aussi importants comme "Minuit dans le jardin du bien et du mal", "Chasseur blanc, cœur noir" et "Bird", force est d'admettre que derrière l'anti-héros homme sans-nom qui l'a révélé en 1964 se cachait celui qui allait devenir l'un des plus grands auteurs-cinéastes de l'histoire du cinéma. Qui parmi les légendes hollywoodiennes masculines et féminines du septième art peut se vanter d'avoir un tel parcours, un tel palmarès, une telle exigence et une telle qualité dans la durée aussi bien en tant qu'acteur qu'en tant que cinéaste ? Il n'y a personne d'autre. Il est le seul. D'autres vedettes comme Kevin Costner, Mel Gibson, Robert Redford, Paul Newman et Jodie Foster ont réalisé des films sublimes, des classiques du cinéma. Mais leur filmographie est bien maigre face à l'immense Clint Eastwood. Ce dernier nous dit au-revoir avec panache tant cet ultime baroud d'honneur renferme toutes les qualités du cinéma de son artisan. Classicisme, plénitude, limpidité, précision et concision de la mise en scène. Photographie sublime, montage millimétré, partition musicale adéquate et interprétation sans faille. À l'instar de leurs glorieux prédécesseurs, Nicholas Hoult, Toni Colette, J.K. Simmons et Chris Messina brillent devant l’œil expert du maître. Il en est de même pour le reste de l'excellente distribution. Il est vrai que depuis le début de sa carrière en tant que cinéaste, Clint Eastwood a transcendé les performances de ses interprètes. Et c'est bien en cela que réside la beauté du cinéma d'Eastwood. Un cinéma au plus proche de l'âme humaine, de ses contradictions, de ses erreurs, de ses failles, de ses angoisses, de ses doutes et plus que tout de son équilibre fragile et instable au cœur d'un cercle public, social et privé. À la recherche de la moindre faiblesse et de la moindre fêlure de ses héros et héroïnes, le cinéaste questionne tout en laissant libre interprétation à l'intelligence de son public. Ce qui est encore le cas avec ce renversant et bouleversant "Juré n° 2".
À ne surtout pas manquer.
MAGISTRAL !!!
