La Musique OK mais la lecture

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S...
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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par S... » 21 septembre 2012, 11:29

Bonjour à toutes et à tous,

Je rebondis sur l'oeuvre de Paul AUSTER. Lus cet été: Invisible et Sunset Park. Deux romans dans lignée Austerienne avec des personnages complexes et ambigus. Je conseille également Mr Vertigo.
Le roman phare pour moi: Voyage au bout de la nuit, Céline. Bien entendu, je mets à part la controverse autour de l'écrivain pour me center sur l'écriture même qui m'intéresse. Ce roman est un chef d'oeuvre absolu qui a bouleversé les codes et qui a permis l'émergence de ce que l'on appelé le nouveau roman.
Cependant, il est une question qui me hante et qui traverse l'Art en général: peut-on séparer une oeuvre indépendamment de son auteur? C'est une vraie question et un vrai dilemme pour moi. Le roman, c'est l'auteur, son histoire, son vécu, sa sensibilité. On se trompe lorsque l'on dit j'aime tel(l)e ou tel(l)e artiste au sens large, en fait c'est l'oeuvre produite qui nous fait vibrer mais l'oeuvre n'est jamais orpheline, alors?
Je parlais de Céline mais cela est valable pour d'autres: que savons nous vraiment des auteurs que l'on aime? Rimbaud: trafiquant d'armes, un peu d'esclavage. Rousseau a abandonné ses enfants, j'en passe...
Peut-être avez-vous une idée sur la question?

A bientôt.
S.
"Mon siècle, mon fauve, qui pourra
Te regarder droit dans les yeux" Ossip Mandelstam.

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par nikowe » 24 septembre 2012, 02:46

hélas non, je ne vais pas faire avancer le schmilBLick (ouf, il est chiant ce mot) , mais je pensse que l'art peut dépasser le but originel de son auteur, comme une musique peut procurer des émotions fabuleuses dont les compositeurs n'auraient même pas l'idée ??... une autre façon d'essayer d'exprimer ma pensée là : telle oeuvre de tel artiste , peut véhiculer toute une palette d'émotions, un large spectre, voir une infinité ? dont nous ne percevons chacun qu'une partie, plus ou moins large partie... désolé si pas clair, je vais me coucher tiens... dodo .

( bon, c'est juste une intuition dont j'ai causé avec un pote compositeur qui en était lui convaincu... bref, juste une réflexion généraliste et vague, ... , qui ne répond pas directement à ta question... désolé )

amicalement

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par savate38 » 25 septembre 2012, 11:13

Grand fan de thriller , mes auteurs préférés :Maxime Chattam , Franck Thilliez et Grangé
avec pour M.C : la trilogie du mal (chef d'oeuvre) et Les arcanes du chaos pour Thiliez tout !! et pour Grangé : le vol des cigognes et la ligne noire (énorme)
il y a aussi la triologie de Jérome Camut et Natalie Hug (des voies de l'ombre) que j'ai anglouti cet été que je ne saurais conseiller
dans les auteuRs etrangers je citerais Dennis Lehane avec son sompteux "shutter island", Arnaldur Indridason avec notamment "la femme en vert" ou meme "la voix" , John Connely avec "tout ce qui meurt " et "Le Pouvoir des ténèbres"

J'ai fini dernierement "lenfant perdu" de John Hart et je l'ai trouvé excellent

et là je viens d'attaquer "Glacé" de Bernard Minie et ça commence tres bien

nikowe
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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par nikowe » 26 septembre 2012, 01:18

savate38 a écrit : Arnaldur Indridason avec notamment "la femme en vert" ou meme "la voix"
ah, le commissaire Erlendur ! et sa fille toxico... triste et noir, avant tout dur au possible, comme peut l'être la vie sous ces latitudes nordiques... Eric le traducteur d'Arnaldur Indridason est un de mes tous meilleurs amis, je lui avais fait écouter Misplaced childhood si je me souviens bien qu'il avait reconnu comme de la bonne zique évidemment, bref j'ai lu bien entendu les 2 romans que tu cites de lui, ayant été 3 fois en islande j'aime beaucoup l'univers de Reykjavík, vu ici avec une grande noirceur, très sombre, pas d'humour dans ces bons polars-ci... mon pote Eric en a traduit une autre série de polar islandais, évidemment noirs mais plus légers avec constamment de l'humour en auto-dérision du protagoniste personnage principal journaliste, il s'agit de la série de Arni Thorarinsson , à noter que chacun des titres des romans se réfèrent à des titres de chansons, souvent de groupes connus...

mini extrait d'une interview de mon pote Eric :
Vous êtes le traducteur attitré du polar à l’islandaise. C’est un genre qui vous attire ?

Le polar n’est pas ma grande passion, je suis plutôt amateur de poésie. Mais en fait, je ne considère pas que Arnaldur Indriðason soit un auteur de polar. Il est défini ainsi, car le polar est le genre à la mode qui fait vendre.

L’islandais est-il une langue à part pour un traducteur, de par sa complexité ?

Il existe un petit déplacement entre chaque langue lors d’une traduction. Ce n’est pas spécifique à l’islandais. Certaines nuances n’existent pas en français. Et cela est particulièrement frappant sur certains mots islandais : le mot "neige" par exemple. Il existe de très nombreuses façons de le dire en islandais, avec beaucoup de nuances. C’est plus dur en français. Mais la langue française est très poétique aussi, et il suffit parfois de puiser dans sa richesse pour traduire un texte.
Il existe par exemple ce mot : "föl", pour désigner un léger voile de neige sur le sol, presque transparent. Il n’existe pas d’équivalent pour cela en français. Je dois donc traduire : "la neige tombe et dépose son voile sur le sol". Tout est une question de nuance.
______________________________________________________________________________________
"Huit romans plus tard, le charme est intact. Poésie noire et obsédante, maîtrise parfaite du tempo et des intrigues, dénuement du verbe, tendresse et vague à l'âme. Depuis La Cité des jarres, paru en France en 2005, l'Islandais Arnaldur Indridason déroule une œuvre parmi les plus puissantes du roman noir contemporain. Parmi les plus attachantes aussi : on ouvre chacun de ses romans comme on compose le numéro d'un ami. Pour prendre des nouvelles, renouer le fil d'une conversation. La Muraille de lave, son dernier ouvrage, ne déçoit pas. Comme à l'accoutumée, Indridason croise plusieurs histoires (...)
Ecrit en 2009, dans la foulée de la faillite de l'économie islandaise, ce nouveau roman évoque une nation juste avant la crise, entraînée collectivement dans la folie financière et le culte de l'argent roi. La saga d'Indridason est aussi l'oeuvre d'un moraliste.
Enfin, l'auteur, malgré son succès, sait se renouveler. Son personnage fétiche, Erlendur, flic taciturne, hanté par la disparition de son frère quand ils étaient enfants, est absent. Indridason focalise ainsi son récit sur son adjoint, Sigurdur Oli, personnage jusqu'ici sans charisme, et parvient à le rendre passionnant en dévoilant son histoire et ses failles. Nul doute qu'on ouvrira le prochain livre pour prendre aussi de ses nouvelles."

"Celui qui ne vit pas en poésie ne saurait survivre ici-bas"

vive la poésie de marillion, textuelle OU/ET musicale ( surtout quand même ) :wub:

aimcalemente

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par savate38 » 26 septembre 2012, 12:17

excellent !
le monde est petit !
merci du témoignage en tout cas
par contre l'adaptation ciné de La cite des jarres ("jar city") est une réelle catastrophe ...

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par nikowe » 26 septembre 2012, 12:41

savate38 a écrit :par contre l'adaptation ciné de La cite des jarres ("jar city") est une réelle catastrophe ...
Oui je l'avais vu en salle, pas fabuleux mais tu me sembles un peu dur quand même ^_^ ... tu l'avais vu en langue islandaise , en V.O ? ;)

amicalement

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par savate38 » 26 septembre 2012, 12:51

Francais
mais franchement meme en Japonais le resultat aurait été le meme ...

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par ASG » 23 juin 2013, 10:23

Je fais du déterrage de topic ! ça va le dépoussiérer un peu :)
J'ai récemment découvert l'auteur de polars islandais Arnaldur INDRIDASON. Je suis tombée sous le charme du style, des personnages, des ambiances. En ce moment je lis HIVER ARCTIQUE, l'histoire d'un gamin de 12 ans, d'origine asiatique, qui est retrouvé assassiné en bas de son immeuble. Une exploration sur le thème des préjugés sur une immigration grandissante dans une Islande meurtrie et magnifique à la fois.
Modifié en dernier par ASG le 30 juin 2013, 09:24, modifié 1 fois.

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par Nonotofu » 30 juin 2013, 02:05

Je viens de finir "le vieux qui ne voulait pas feter son anniversaire". Assez délirant, on dirait Forest Gump sous acide (ou plutot sous alcool). Marrant de traiter l'histoire du monde sous cet angle. Vous comprendrez en le lisant :D

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Re: La Musique OK mais la lecture

Message par nikowe » 20 septembre 2013, 19:15

B)

En lien avec mon post du topic : qu'est-ce qui passe donc à la téloche tonight :

Martin will never win a Pulitzer or a National Book Award, but his skill as a crafter of narrative exceeds that of almost any literary novelist writing today. Throughout the book I was reminded of Jennifer Egan's A Visit from the Goon Squad (which did win a Pulitzer), as well as Anthony Powell's (similarly floridly titled) A Dance to the Music of Time. But even Powell can't twist a plot like Martin.

Martin has produced — is producing, since the series isn't over — the great fantasy epic of our era. It's an epic for a more profane, more jaded, more ambivalent age than the one Tolkien lived in.

_____________________________________________________________________________________

Bref, G.R.R. Martin : un écrivain de grand talent semble t-il peu ou pas égalé dans le monde de l'héroic-fantasy , avec des intrigues politiciennes savoureuses...
... montrant peut-être que rien n'est tout blanc ni tout noir... dans la nature humaine, les héros n'existent pas, ni les saints ni les purs, et dans l'avidité du pouvoir, en politique politicienne tous les coups sont permis, + bas les uns que les autres, mais nous le savions déjà :mrgreen:

Dans un monde fantastique , un de plus.

amicalement

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