Marillion: la discographie, mes ressentis...

La musique de Marillion...
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gato13
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Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par gato13 » 03 février 2026, 23:48

Remontons le temps. En 1983, j'ai déjà commencé à consolider une bonne partie de mon patrimoine musical. Sans renier mon "Idole et Patron", depuis 1980 je construis petit à petit mon identité hard-rock/heavy metal/rock. AC/DC, Iron Maiden, Def Leppard, Foreigner, Scorpions, Kiss, Rainbow, Deep Purple, Led Zeppelin, Black Sabbath, Queen, Rolling Stones, Beatles et tant d'autres émerveillent mes oreilles. De nouveaux talents émergent et certains rejoignent très vite ma discothèque : Queensrÿche, Accept, Bon Jovi, Metallica... À ce panel s'ajoutent des groupes ou artistes d'horizons différents tout aussi enrichissants et importants comme U2, Peter Gabriel, Waterboys, Prince, David Bowie, Michael Jackson, Genesis, Toto. Je ne le sais pas encore mais il y a un vide indéfinissable qui ne demande qu'à être comblé. En cette année 1983, je tombe sur un titre : "Script for a Jester's Tear". Le choc, la révélation, la pièce qui manquait à mon puzzle j’ai nommé Marillion. De 1983 à 1987, le groupe sort quatre albums qui font date. Ce n'était pas gagné d'avance. Quelle idée de jouer du rock progressif alors que le punk l'a enterré, que les dinosaures du genre ont soit disparus soit se sont pour la plupart autodétruits ou sont devenus de simple caricature d’elles même à l'exception de Genesis qui a magistralement réussi sa mue artistique et commerciale. Pour Marillion, grâce à un chanteur/leader charismatique et porté par quatre musiciens talentueux, le miracle opère contre toute attente. La conquête est en marche...
En 1988, premier séisme : Fish quitte le navire. 1989, place au nouveau chanteur Steve Hogarth. La magie opère toujours et pour ma part, le remplaçant (malgré toute mon admiration pour Fish) est adoubé plutôt deux fois qu'une. S'ensuivent quatre albums tout aussi prestigieux que leurs prédécesseurs. De son côté Fish démarre une carrière solo. 1995, deuxième séisme nommé EMI. De cette secousse, le groupe, tel le phénix, renaitra de ses cendres pour voler vers sa troisième vie : l'indépendance musicale créatrice et financière. Loin de moi l'idée de comparer ce qui n'est pas comparable. Je ne vais pas relancer le débat "c'était mieux avec Fish ou c'est mieux avec H". Place maintenant à la sublime discographie de Marillion…

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(1983)

Marillion est entré dans ma vie un soir de mars 1983. L'oreille collée à ma radio, je venais d'entendre une chanson que m'avait dédicacée un pote animateur qui venait de recevoir le premier album d'un tout jeune groupe. La chanson "Script For A Jester's Tear" allait avoir un impact considérable pour la suite de ma culture musicale. Le groupe Marillion entrait dans mon ADN avec à sa tête, un personnage charismatique à la voix envoûtante. Quatre albums majeurs plus tard, au croisement de deux décennies, cet homme seul est parti vers d’autres aventures musicales pendant que les quatre autres inauguraient un futur radieux, innovant et merveilleux en compagnie de celui qui allait devenir pour les trente-sept années suivantes leur voix et leur fascinant frontman. Après cette introduction certes un peu longue, place à l’évocation de ce "Script For A Jester's Tear" qui pour moi, malgré le son qui a vieilli, demeure essentiel tant son impact émotionnel et musical me procure encore et toujours des frissons. "Script For A Jester's Tear", "Chelsea Monday" et "Forgotten Sons" sont trois chefs-d’œuvre. Ces trois joyaux sont complétés par l’incisive "He Knows You Know", la tortueuse "The Web" et la satirique "Garden Party". Grâce à sa somptueuse pochette signée Mark Wilkinson ainsi qu’à l’immense qualité de ses compositions, ce premier album lance avec éclat la carrière de Marillion qui devient alors le porte étendard d’un rock progressif bien moribond depuis la fin des années soixante-dix. Après avoir écarté Mick Pointer au profit de Ian Mosley (batterie), Fish (chant), Steve Rothery (guitares), Mark Kelly (claviers) et Pete Trewavas (basse) peuvent penser à écrire leur destin musical mais pour l’heure, avec ce cultissime "Script For A Jester's Tear", Marillion réalise le premier chef-d’œuvre d’une longue série. À suivre…

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Mr a
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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par Mr a » 05 février 2026, 20:26

Hâte de lire toutes tes chroniques/ressentis sur leur monumentale discographie ;)

8-)
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legrosboris
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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par legrosboris » 07 février 2026, 12:50

Hâte aussi de partager des chemins parallèles probablement mais ça sera un peu plus tard pour moi. On pourra comparer ?

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gato13
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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par gato13 » 08 février 2026, 14:44

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(1984)

Le toujours délicat exercice du deuxième album, Marillion y est vite confronté en cette année 1984 avec la parution de ce "Fugazi". J’annonce rapidement la couleur, j’avais adoré à la folie "Script For A Jester's Tear", je vénère "Fugazi". Je l’assume pleinement et n’ai pas besoin d’en justifier la raison. Je vais pourtant le faire ou sinon quel intérêt d’avoir écrit ces mots en guise d’introduction. Il y a d‘abord la somptueuse pochette à nouveau réalisée par Mark Wilkinson. Il y a la production bien plus maîtrisée que sur le premier album qui valorise enfin la finesse des arrangements et l’énergie du groupe. Il y a l’arrivée de l’excellent Ian Mosley à la batterie qui va apporter à Marillion, en compagnie du remarquable bassiste Pete Trewavas, une assise rythmique de très grande classe. Mais ce qui frappe le plus, c’est la qualité irréprochable des sept compositions que l’on retrouve sur ce "Fugazi". "Assassing" avec son intro remarquable qui annonce l'entrée en lice de Steve Rothery et sa guitare gilmourienne sur une rythmique géniale portée par un Fish agressif, volontaire dont la voix conquérante vous étreint avec force jusqu’au dernier souffle. Le fantastique solo de Steve Rothery ouvre la voie à une montée en puissance menée par Mark Kelly et Ian Mosley avant le retour d’un dernier couplet plus rageur et vindicatif. Du très grand art rapidement suivi par l’irrésistible "Punch And Judy" où Marillion fait étalage de sa grande faculté à écrire des chansons plus concises et autant pourvues d’arrangements très riches. Le refrain est un modèle de précision mélodique. Toujours dans l’efficacité immédiate, la superbe "Emerald Lies" est la parfaite illustration de la maîtrise du groupe tant cette pièce maîtresse de leur répertoire révèle toute la richesse musicale de Marillion. Ian Mosley est éblouissant sur cette mythique intro sans oublier Pete Trewavas et sa basse incandescente. Fish toujours aussi impliqué nous entraîne vers des sommets de tension. Bien que l’album sonne très rock en déployant une colère non contenue, Marillion n’oublie pas pour autant sa mélancolie. Les bouleversantes "Jigsaw" et "She Chameleon" le rappellent somptueusement. Des mélodies belles à pleurer, des solos de guitares et claviers stratosphériques plus la voix miraculeuse de Fish font de ces deux titres majeurs des instants suspendus en état de grâce. Les majestueuses "Incubus" et "Fugazi" prouvent à quel point Marillion est bel et bien le fer de lance du néo progressif. Grâce à leur inspiration, leur don d’écriture, leurs talents respectifs et leur niveau d’interprétation, Fish, Steve Rothery, Mark Kelly, Pete Trewavas et Ian Mosley ont dépoussiéré le rock progressif de ses oripeaux encombrants et totalement dépassés. En lui insufflant une énergie qui rappelle parfois celle qui émane du genre hard-rock, Marillion a su générer chez un nouveau public une curiosité, une sympathie, un regard sain envers un genre alors moribond qui ne demandait qu’à être bousculé. Un an après "Script For A Jester's Tear", Marillion nous offre avec "Fugazi" un deuxième chef-d’œuvre consécutif. La suite allait faire entrer le groupe dans la légende…

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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par Le Nobre » 11 février 2026, 16:43

L'upgrade opéré avec l'arrivée de Ian est confondant sur Fugazi. Ils auraient dû ressortir Script avec Ian à la batterie, même si la naïveté et les limites de Pointer ont parfois leur charme, sur He Knows You Know en particulier.

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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par gato13 » 11 février 2026, 20:54

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(1985)

Gymnase du Port Marchand de Toulon, dimanche 27 octobre 1985, plus de quarante ans se sont écoulés mais je n’oublierai jamais ce concert en compagnie de mon frère et de notre père qui par notre passion pour le groupe tomba lui aussi tel Obélix dans la potion magique concoctée par Marillion et ce depuis la sortie du chef-d’œuvre "Script For A Jester's Tear". Ma mère n’était pas présente mais elle aussi avait succombé au sortilège musical de Marillion. Pour elle, sa première de Marillion en concert se déroula le vendredi 28 octobre 2022 dans la salle Le Summum à Grenoble. Autre concert chargé en émotions fortes pour la famille. Mais bon, je ne vais pas vous raconter ma vie, si vous êtes assis derrière votre écran en ce moment en train de lire cette chronique dont je tarde à vous livrer les secrets, c’est certainement pour les mêmes raisons que moi. En premier lieu, pendant votre adolescence acnéique, vous avez certainement succombé aux somptueux "Script For A Jester's Tear" et "Fugazi". En deuxième lieu, vous avez à coup sûr craqué en tenant dans vos mains cette superbe pochette vinyle à nouveau réalisée par le génial artiste Mark Wilkinson. Dans un troisième temps, vous avez déposé votre vinyle sur la platine ou inséré votre cassette audio dans son lecteur ou si vous étiez déjà au top de la technologie, vous avez placé votre compact-disc dans votre hi-fi puis vous avez appuyé sur la touche "Play". Après, je ne sais pas ce qui s’est passé pour vous mais en ce qui me concerne, quarante-deux minutes plus tard, j’étais aux anges, abasourdi, complètement retourné, ému, bouleversé, scotché, sans dessus-dessous, sans voix, les yeux humides, transi de frissons avec une seule envie, revivre la même expérience. Et c’est ce que je fis sans plus tarder en passant des journées entières à m’imprégner de ce miracle musical nommé "Misplaced Childhood". De la mélancolique "Pseudo Silk Kimono" qui ouvre avec tact l’album en nous présentant la divine "Kayleigh" sur le chemin de la sublime "Lavender" avant de succomber à l’exemplaire réussite de la longue pièce progressive "Bitter Suite" pour enfin libérer avec fougue, passion et fierté notre "Heart Of Lothian" revigoré, cette première partie est d’anthologie. Tout comme l’est la seconde, magistralement lancée par l’énergie addictive de "Waterhole (Expresso Bongo)" dont le subtil enchainement avec la génialissime "Lords of The Backstage" est une merveille d’arrangement qui annonce avec éclat le somptueux solo de Steve Rothery qui nous plonge au cœur de la majestueuse pièce progressive qu’est "Blind Curve" où le chant d’un Fish rempli d’émotion accompagne la finesse d’interprétation de Ian Mosley, Pete Trewavas, Steve Rothery et Mark Kelly. Et quand survient le fabuleux crescendo qui mène à la géniale "Childhoods End ?", c’est à chaque fois la même décharge fulgurante qui me transperce le cœur qui ne reprend vie qu’aux premières notes de l’irrésistible hymne "White Feather" concluant avec une énergie contagieuse la réussite exemplaire d’un album qui depuis est entré au panthéon de l’histoire du rock. La réussite artistique et commerciale de "Misplaced Childhood" a fait entrer Marillion dans la catégorie des très grands. La beauté musicale et poétique de l’œuvre a révélé au grand public l’immense talent d’un Fish conteur, auteur, chanteur et poète ainsi que le génie musical de quatre musiciens doués, exigeants et novateurs qui sont Mark Kelly, Steve Rothery, Pete Trewavas et Ian Mosley. Avec "Misplaced Childhood", Marillion réalise un troisième chef-d’œuvre consécutif. Indispensable.

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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par Le Nobre » 12 février 2026, 08:44

Pour compléter et tordre le cou à une légende tenace, ce n’était pas à l’époque Fish d’un côté avec les textes et le reste du groupe de l’autre avec la musique, comme ils l’ont laissé entendre en 1988. Même s’il ne joue d’aucun instrument, il trouvait toutes les lignes vocales, qui parfois même servaient de point de départ aux compositions. Quiconque a essayé d’écrire une chanson sait que la ligne vocale est le liant indispensable, sans lequel l’alchimie n’opère pas. À l’époque de Misplaced Childhood, la complicité d’écriture entre Fish et Steve Rothery, compositeur principal, était tout simplement parfaite, comme en témoigne le divin Misplaced Rendez-vous. Un motif de guitare que Steve avait écrit pour Jo, son épouse…

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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par gato13 » 12 février 2026, 10:45

Le Nobre a écrit :
12 février 2026, 08:44
Pour compléter et tordre le cou à une légende tenace, ce n’était pas à l’époque Fish d’un côté avec les textes et le reste du groupe de l’autre avec la musique, comme ils l’ont laissé entendre en 1988. Même s’il ne joue d’aucun instrument, il trouvait toutes les lignes vocales, qui parfois même servaient de point de départ aux compositions. Quiconque a essayé d’écrire une chanson sait que la ligne vocale est le liant indispensable, sans lequel l’alchimie n’opère pas. À l’époque de Misplaced Childhood, la complicité d’écriture entre Fish et Steve Rothery, compositeur principal, était tout simplement parfaite, comme en témoigne le divin Misplaced Rendez-vous. Un motif de guitare que Steve avait écrit pour Jo, son épouse…
100% d'accord avec ton petit rappel qui pour moi coule de source et ce dans n'importe quel groupe. Les lignes vocales, les mélodies de chant, appelons cela comme on veut, sont capitales à l'alchimie d'une chanson. Celles de Fish, avec Marillion ou en solo, sont magiques. Est-ce que j'ai déjà dit que j'adorais la voix de Fish ? Oui mais cela ne me gène aucunement de le répéter ad vitam aeternam. En fait, depuis 1983 Fish, avec ses hauts et ses bas, est pour moi une référence artistique. Un grand Monsieur aussi bien par la taille que par le talent.

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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par Le Nobre » 12 février 2026, 13:02

Je ne cherche pas à glorifier systématiquement Fish, dont les lignes vocales sont d'ailleurs devenues de plus en plus systématiques, à mesure que sa voix déclinante lui imposait des limites. Dans les années 80 et 90, il pouvait inventer des mélodies élastiques. Ça s'est gâté par la suite.

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Re: Marillion: la discographie, mes ressentis...

Message par Nonotofu » 15 février 2026, 21:46

Je suis tombé dans la marmite à l'occasion de la sortie de Fugazi. Tout comme toi, au siècle dernier ;) , j'avais commencé à construire mon identité musicale avec des groupes comme Queen, Styx et surtout Joe Jackson que mon pote Denis m'avait fait découvrir avec le mythique night and day.
J'aimais bien le son des synthés et un autre copain m'avait prêté 2 albums avec 2 couverture sublimes en me disant que j'allais me régaler avec le clavier du groupe (quel bonheur d'avoir pû lui parler en avril dernier).
Contagion immédiate. Ce groupe allait devenir un pilier de ma culture musicale.
Et pour me raccrocher aux wagons, je me rappellerais toujours de mon frère jumeau qui, lors d'une journée parisienne, m'offrit ce splendide childhood (et également pink world de planet p project).
Marillion un jour, Marillion toujours.
Hâte de lire la suite.

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