En 1988, premier séisme : Fish quitte le navire. 1989, place au nouveau chanteur Steve Hogarth. La magie opère toujours et pour ma part, le remplaçant (malgré toute mon admiration pour Fish) est adoubé plutôt deux fois qu'une. S'ensuivent quatre albums tout aussi prestigieux que leurs prédécesseurs. De son côté Fish démarre une carrière solo. 1995, deuxième séisme nommé EMI. De cette secousse, le groupe, tel le phénix, renaitra de ses cendres pour voler vers sa troisième vie : l'indépendance musicale créatrice et financière. Loin de moi l'idée de comparer ce qui n'est pas comparable. Je ne vais pas relancer le débat "c'était mieux avec Fish ou c'est mieux avec H". Place maintenant à la sublime discographie de Marillion…
(1983)
Marillion est entré dans ma vie un soir de mars 1983. L'oreille collée à ma radio, je venais d'entendre une chanson que m'avait dédicacée un pote animateur qui venait de recevoir le premier album d'un tout jeune groupe. La chanson "Script For A Jester's Tear" allait avoir un impact considérable pour la suite de ma culture musicale. Le groupe Marillion entrait dans mon ADN avec à sa tête, un personnage charismatique à la voix envoûtante. Quatre albums majeurs plus tard, au croisement de deux décennies, cet homme seul est parti vers d’autres aventures musicales pendant que les quatre autres inauguraient un futur radieux, innovant et merveilleux en compagnie de celui qui allait devenir pour les trente-sept années suivantes leur voix et leur fascinant frontman. Après cette introduction certes un peu longue, place à l’évocation de ce "Script For A Jester's Tear" qui pour moi, malgré le son qui a vieilli, demeure essentiel tant son impact émotionnel et musical me procure encore et toujours des frissons. "Script For A Jester's Tear", "Chelsea Monday" et "Forgotten Sons" sont trois chefs-d’œuvre. Ces trois joyaux sont complétés par l’incisive "He Knows You Know", la tortueuse "The Web" et la satirique "Garden Party". Grâce à sa somptueuse pochette signée Mark Wilkinson ainsi qu’à l’immense qualité de ses compositions, ce premier album lance avec éclat la carrière de Marillion qui devient alors le porte étendard d’un rock progressif bien moribond depuis la fin des années soixante-dix. Après avoir écarté Mick Pointer au profit de Ian Mosley (batterie), Fish (chant), Steve Rothery (guitares), Mark Kelly (claviers) et Pete Trewavas (basse) peuvent penser à écrire leur destin musical mais pour l’heure, avec ce cultissime "Script For A Jester's Tear", Marillion réalise le premier chef-d’œuvre d’une longue série. À suivre…

