Traduction d'une interview avant la sortie de Script (février 1983)

La musique de Marillion...
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Bruno de Marseille
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Traduction d'une interview avant la sortie de Script (février 1983)

Message par Bruno de Marseille » 11 octobre 2017, 09:18

Voici une petite perle (en tout cas pour moi). La traduction d'un article de presse sur Marillion datant de février 1983 issue du magazine Record Mirror.

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Pas tout le monde est entièrement satisfait de l’énorme succès de Marillion.
La mère de Fish attend le jour où son fils se mettra à des chansons d’amour sentimentales plutôt qu’aux paroles déprimantes du premier hit du groupe : He Knows You Know.
« Ma mère m’a demandé pourquoi je n’écrivais pas une sympathique chanson d’amour ? » dit le chanteur dégingandé.
« Mais je traite de ces zones d’ombre parce que c’est ça la vie pour beaucoup de gens, la vie renvoie au côté obscur plutôt qu’à la lumière. »
Et Fish sait de quoi il parle. Il y a peu de temps de cela il était au bord de la dépression nerveuse, ne sachant pas où la vie allait le mener.
« J’étais sur le point de m’enliser dans un emploi confortable dans lequel je pouvais rester cinquante ans avant d’enfiler mes charentaises et de m’installer devant la cheminée à la retraite » dit-il.
« Au fond de moi, j’ai compris que c’était quelque chose que je ne voulais pas faire. Toute ma vie j’ai remarqué que je savais chanter et jouer. J’avais toujours eu l’impression que c’était là qu’allait se jouer ma véritable carrière. Je me retrouve à présent dans une situation de déjà vu. »

Fish chantait dans un groupe entre deux sorties embourbées pour l’Office des Forêts.
« J’étais sur la fin de mes cinq années d’étude » dit-il. « J’étais tiraillé entre mon emploi et ma véritable ambition. J’étais au bord de la dépression. Le médecin m’a prescrit des médicaments et ensuite je ne ressentais plus rien. Je pouvais rester assis des heures devant un écran de télévision sans rien éprouver. »
Si les choses avaient empiré, Fish admet qu’il aurait pu finir à l’hôpital entouré de sa famille comme le personnage de He Knows, You Know. Mais il s’est ressaisi puis s’est transformé en Marillion ( le nom a été inspiré par un roman de Tolkien.)
Fish était heureux même si à la même période l’an dernier le groupe gagnait à peine sa vie grâce à des petits concerts et les portes puissantes d’EMI devaient ensuite s’ouvrir à eux.
Désormais Fish croit fermement que Marillion va faire un malheur.
« Certaines personnes s’imaginent qu’entrer dans l’univers de la musique c’est comme forcer une boîte scellée et ensuite vous devez claquer la porte derrière vous » dit-il.
« Mais nous avons parcouru le tour et le cœur de cet univers. Cela a été quelque chose de progressif. »
« Signer un contrat avec une maison de disque m’a apporté un sentiment de sécurité et cela veut aussi dire que je gagne un salaire un peu plus conséquent que ce que je percevais au chômage. »
Ca ressemble a une success story rapide mais ça ce s’est pas passé comme ça dit le claviériste Mark Kelly. Une fois que vous avez signé votre contrat les gens oublient vite combien de temps vous avez passé pour atteindre le but. »
« Dave Lee Travis a passé notre disque et a dit :
_ Qui sont les membres de ce groupe?
D’où sont-ils venus ?
Tout ce qu’il a eu a faire c’est de sortir de chez lui et de nous rejoindre en voiture dans une petite salle de concert où on jouait. »
Bien qu’ils aient été acclamés comme les leaders du nouveau mouvement Rock progressif, ils ont été débinés par certaines personnes pour avoir essayé de devenir le nouveau Genesis.
« On ne le crie pas sur les toits, dit-il.
Je n’ai pas grand-chose à dire sur les autres groupes qui s’en sortent, nous étions les premiers voilà tout.
Et si quelqu’un veut rattraper Marillion il devra nous mettre en chambre froide pendant un an, nous avons tellement d’avance.
Je déteste les étiquettes et quand les gens disent que nous ressemblons à Genesis ça m’agace. Nous n’avons jamais quitté notre voie pour les imiter. Ecoutez , si j’avais vraiment voulu le faire je serais allé les voir de nombreuses fois pour les observer soigneusement. »
Marillion commence sa première grande tournée bientôt et leur album Script For A Jester’s Tear ( le titre a été inspiré par les relations personnelles difficiles que Fish et Mark entretenaient autrefois) sortira bientôt.
« Je suppose que les gens s’attendent à ce que nous montions à l’assaut avec lasers et fumigènes, dit Mark. Mais ce ne sera pas le cas. »
Mais comme d’habitude Fish sera maquillé un max ce qui suscite la question sur ce qu’il pense de cet autre maraudeur grimé qu’est Boy George.
« Il m’énerve et Marc Almond aussi, dit-il
Je me maquille pour m’exprimer clairement, ça amplifie mes expressions. Par exemple si j’adopte une expression particulière sur scène je peux embraser les yeux des gens qui se trouvent dans la rangée du fond. Je ne pense pas que l’on doive porter du maquillage de façon efféminée. »
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gato13
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Re: Traduction d'une interview avant la sortie de Script (février 1983)

Message par gato13 » 11 octobre 2017, 11:13

Bruno de Marseille a écrit :
11 octobre 2017, 09:18
Voici une petite perle (en tout cas pour moi). La traduction d'un article de presse sur Marillion datant de février 1983 issue du magazine Record Mirror.

Image

Pas tout le monde est entièrement satisfait de l’énorme succès de Marillion.
La mère de Fish attend le jour où son fils se mettra à des chansons d’amour sentimentales plutôt qu’aux paroles déprimantes du premier hit du groupe : He Knows You Know.
« Ma mère m’a demandé pourquoi je n’écrivais pas une sympathique chanson d’amour ? » dit le chanteur dégingandé.
« Mais je traite de ces zones d’ombre parce que c’est ça la vie pour beaucoup de gens, la vie renvoie au côté obscur plutôt qu’à la lumière. »
Et Fish sait de quoi il parle. Il y a peu de temps de cela il était au bord de la dépression nerveuse, ne sachant pas où la vie allait le mener.
« J’étais sur le point de m’enliser dans un emploi confortable dans lequel je pouvais rester cinquante ans avant d’enfiler mes charentaises et de m’installer devant la cheminée à la retraite » dit-il.
« Au fond de moi, j’ai compris que c’était quelque chose que je ne voulais pas faire. Toute ma vie j’ai remarqué que je savais chanter et jouer. J’avais toujours eu l’impression que c’était là qu’allait se jouer ma véritable carrière. Je me retrouve à présent dans une situation de déjà vu. »

Fish chantait dans un groupe entre deux sorties embourbées pour l’Office des Forêts.
« J’étais sur la fin de mes cinq années d’étude » dit-il. « J’étais tiraillé entre mon emploi et ma véritable ambition. J’étais au bord de la dépression. Le médecin m’a prescrit des médicaments et ensuite je ne ressentais plus rien. Je pouvais rester assis des heures devant un écran de télévision sans rien éprouver. »
Si les choses avaient empiré, Fish admet qu’il aurait pu finir à l’hôpital entouré de sa famille comme le personnage de He Knows, You Know. Mais il s’est ressaisi puis s’est transformé en Marillion ( le nom a été inspiré par un roman de Tolkien.)
Fish était heureux même si à la même période l’an dernier le groupe gagnait à peine sa vie grâce à des petits concerts et les portes puissantes d’EMI devaient ensuite s’ouvrir à eux.
Désormais Fish croit fermement que Marillion va faire un malheur.
« Certaines personnes s’imaginent qu’entrer dans l’univers de la musique c’est comme forcer une boîte scellée et ensuite vous devez claquer la porte derrière vous » dit-il.
« Mais nous avons parcouru le tour et le cœur de cet univers. Cela a été quelque chose de progressif. »
« Signer un contrat avec une maison de disque m’a apporté un sentiment de sécurité et cela veut aussi dire que je gagne un salaire un peu plus conséquent que ce que je percevais au chômage. »
Ca ressemble a une success story rapide mais ça ce s’est pas passé comme ça dit le claviériste Mark Kelly. Une fois que vous avez signé votre contrat les gens oublient vite combien de temps vous avez passé pour atteindre le but. »
« Dave Lee Travis a passé notre disque et a dit :
_ Qui sont les membres de ce groupe?
D’où sont-ils venus ?
Tout ce qu’il a eu a faire c’est de sortir de chez lui et de nous rejoindre en voiture dans une petite salle de concert où on jouait. »
Bien qu’ils aient été acclamés comme les leaders du nouveau mouvement Rock progressif, ils ont été débinés par certaines personnes pour avoir essayé de devenir le nouveau Genesis.
« On ne le crie pas sur les toits, dit-il.
Je n’ai pas grand-chose à dire sur les autres groupes qui s’en sortent, nous étions les premiers voilà tout.
Et si quelqu’un veut rattraper Marillion il devra nous mettre en chambre froide pendant un an, nous avons tellement d’avance.
Je déteste les étiquettes et quand les gens disent que nous ressemblons à Genesis ça m’agace. Nous n’avons jamais quitté notre voie pour les imiter. Ecoutez , si j’avais vraiment voulu le faire je serais allé les voir de nombreuses fois pour les observer soigneusement. »
Marillion commence sa première grande tournée bientôt et leur album Script For A Jester’s Tear ( le titre a été inspiré par les relations personnelles difficiles que Fish et Mark entretenaient autrefois) sortira bientôt.
« Je suppose que les gens s’attendent à ce que nous montions à l’assaut avec lasers et fumigènes, dit Mark. Mais ce ne sera pas le cas. »
Mais comme d’habitude Fish sera maquillé un max ce qui suscite la question sur ce qu’il pense de cet autre maraudeur grimé qu’est Boy George.
« Il m’énerve et Marc Almond aussi, dit-il
Je me maquille pour m’exprimer clairement, ça amplifie mes expressions. Par exemple si j’adopte une expression particulière sur scène je peux embraser les yeux des gens qui se trouvent dans la rangée du fond. Je ne pense pas que l’on doive porter du maquillage de façon efféminée. »
Un grand merci à toi Bruno de Marseille !

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"On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux."(Antoine de Saint-Exupéry)

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