À l'occasion de la sortie de leur nouveau live, j'ai décidé de remonter le temps et de conter album après album la story d'Iron Maiden. Un groupe qui, au même titre que Marillion, AC/DC et quelques autres, tient une place particulière dans mon ADN musical. De par sa richesse musicale, ses formidables concerts, ses pochettes d'albums et l'imagerie qui va avec, l'amour et le lien fusionnel qui les lie à leur public, le professionnalisme et l'intelligence de leur management (un modèle économique et artistique souvent cité en exemple) et la qualité de ses musiciens, Iron Maiden est une institution qui a fêté cette année les quarante ans de son premier album. Tout commence donc en 1980...

(1980)
Lorsque paraît ce premier album en 1980, Iron Maiden existe déjà depuis cinq ans. Autour des deux membres fondateurs Steve Harris (basse) et Dave Murray (guitare), on a Clive Burr (batterie), Dennis Stratton (guitare) et Paul Di'Anno (chant). Le groupe s'est déjà forgé une réputation scénique et possède une fan base solide. Il entre en studio pour enregistrer un répertoire bien rodé lors d'incessants concerts en clubs. Ce qui frappe d'entrée c'est l'aspect sommaire du son qui peut faire croire qu'on a à faire à un groupe de punk. Une production pauvre signée Will Malone qui fera dire par la suite à Steve Harris qu'il regrette amèrement le son de ce premier effort. Avec le recul, on ne peut l'en blâmer tant ce "Iron Maiden" sonne bien fade comparé aux albums qui suivront. Cela fait son charme et sa spontanéité et personnellement ça ne me rebute pas plus que cela. Il faut dire que la qualité des compositions est impressionnante pour un premier essai. Dés le titre d'ouverture "Prowler", on est happé par ce nouveau son et le style créé par le groupe. Énergie, complexité, richesse des guitares, une basse vrombissante, une batterie efficace, une voix accrocheuse et un don inné pour des mélodies imparables. La sublime "Remember Tomorrow" installe une ambiance calme, des envolées metal et soudain c'est la cavalcade, la déferlante de guitares. Le style Maiden s'affirme un peu plus. "Running Free" est un hymne en puissance. Puis c'est le titre, le morceau absolu qui fera dire à Bruce Dickinson en 2005 au Parc des Princes de Paris que ce "Phantom of the Opera" est le must que tout fan du groupe vénère et qu'il est impossible de ne pas l'aimer. Sacré Bruce mais il faut bien avouer qu'il a entièrement raison. Cette chanson résume à elle seule ce qu'est Iron Maiden et s'impose comme une sorte de signature musicale. "Phantom of the Opera" est le premier grand classique du groupe. Steve Harris, principal compositeur du groupe, avec ce morceau de bravoure qui oscille entre heavy et progressif pose les jalons d'un mouvement musical dont, il ne le sait pas encore, son groupe allait être les précurseurs et les fers de lance : la "New Wave of British Heavy Metal". L'instrumental "Transylvania" est un morceau rapide où les guitares de Dave Murray et Dennis Stratton s'en donnent à cœur joie sans pour autant que cela devienne de la pure démonstration. Bien au contraire, mélodie et efficacité sont les maîtres mots de cet exercice brillamment réussi. L'enchaînement avec la superbe ballade "Strange World" est de toute beauté. L'album se termine avec deux titres beaucoup plus directs et moins marquants, "Charlotte the Harlot" et "Iron Maiden" portés par la voix rugueuse de Paul Di'Anno. Moins marquants en ce qui me concerne mais le deuxième deviendra un incontournable des setlists car il sera prétexte à l'apparition scénique d'Eddie. Comment ça, je ne vous ai pas encore parler d'Eddie ? Bon c'est vrai, il a pas l'air très en forme et accueillant sous ses aspects de mort-vivant à la coupe punk mais il fait une entrée marquante. Sous l'inspiration de son créateur Derek Riggs, Eddie va devenir la mascotte du groupe et s'imposer comme une figure incontournable du rock. Premier essai concluant pour Iron Maiden. La suite n'en sera que plus prestigieuse...
