
(1991)
Qu’il est difficile encore aujourd’hui de chroniquer ce quatorzième album studio de Queen. "Innuendo" est le dernier album sorti du vivant de Freddie Mercury. Neuf mois après la sortie du disque, le décès du chanteur sera une véritable onde de choc qui dépassera de loin le simple cadre musical et artistique. Il y a d’abord cette illustration qui en ce qui me concerne compose la plus belle pochette d’album du groupe. Puis il y a la musique et là, on touche au sublime. L’album "Innuendo" rejoint sur la haute marche du podium le mythique "A Night At The Opera". Pour moi, "Innuendo" est le meilleur album du groupe, le plus abouti, celui qui réunit le meilleur des deux mondes à savoir le Queen fougueux, grandiloquent, progressif, hard des années soixante-dix et le Queen expérimental, concis, pop, funky, tubesque des années quatre-vingt. Pour résumer au mieux ces décennies de la Reine, deux mots d’ordre : éclectique et inclassable. C’est ce que nous propose Queen avec ces douze nouveaux joyaux incrustés sur compact disc, vinyle ou cassette selon votre choix de support. La production somptueuse met admirablement en valeur le remarquable travail d’écriture et l’inspiration sans limite du groupe. Aucune baisse de régime à constater tout au long de cet album à la fois crépusculaire, enjoué, émouvant, épique et tragique. De la grandiose "Innuendo" qui ouvre l’album en passant par la torturée "I’m Going Slightly Mad", les énergiques "Headlong" et "Ride The Wild Wind", les magnifiques "Don’t Try So Hard" et "These Are The Days Of Our Lives" puis les merveilleuses "I Can’t Live With You" et "All God's People", la fantaisiste "Delilah", la puissante "The Hitman", la délicate "Bijou" jusqu’à la sublime et bouleversante "The Show Must Go On", tout n’est que beauté dans l’univers musical de Freddie Mercury, Brian May, John Deacon et Roger Taylor. Avec cet exceptionnel "Innuendo",
chef-d’œuvre artistique à l’aura prémonitoire, Queen dit adieu au public et à ses fans.
Un chant du cygne poignant et flamboyant.
