UFO

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gato13
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Re: UFO

Message par gato13 » 06 novembre 2025, 17:00

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(1983)

"Making Contact" est le onzième album d'UFO ainsi que le dernier de l’ère Paul Chapman. Injustement décrié par les puristes qui lui reprochent une trop grande présence des synthés, il est dommage de constater que ce jugement hâtif est en fait une regrettable erreur car bien que plus FM dans sa production et moins hard, ce brillant "Making Contact" est une grande et belle réussite. Produit par Mike Glossop, l’album contient son lot de mélodies somptueuses, accrocheuses bien souvent écrites par Neil Carter qui a grandement participé au processus de composition. Il est à noter que suite au départ de Pete Way, c’est Paul Chapman et Neil Carter qui tiennent la basse en studio. Lors de la tournée britannique, le bassiste Paul Gray sera avec le groupe tandis que Billy Sheehan accompagnera UFO sur la tournée européenne. "Making Contact" fut un échec commercial qui entraina la séparation du groupe. Pourtant l’inspiration ne fait pas défaut tout au long des dix pépites qui composent l’album. Cela commence très fort avec l’enchainement des irrésistibles "Blinded By A Lie" et "Diesel In The Dust". Dans le registre de l’efficacité pure, les titres "When It's Time to Rock", "The Way the Wild Wind Blow", "All Over You" et "Push it's Love" font un sans-faute. Dans le genre mélodique, "A Fool For Love", "You And Me" et "Call My Name" montrent un aspect beaucoup plus FM qui rebutera plus d’un fan. Difficile pourtant de nier la grande qualité de ces compositions. Personnellement, j’adhère pleinement à la volonté du groupe de vouloir surfer sur la vague AOR qui est en plein essor aux USA. L'interprétation est de haut niveau, Paul Chapman est incandescent, Phil Mogg est au top. Les dix morceaux prouvent de manière éclatante que le groupe n’a rien perdu de son talent en matière d’écriture. "Making Contact" est un somptueux album à réévaluer de toute urgence. Un de mes préférés d’UFO.























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Modifié en dernier par gato13 le 08 novembre 2025, 19:02, modifié 1 fois.
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Message par gato13 » 08 novembre 2025, 19:01

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(1985)

En 1983, lors de la tournée de promotion pour l’album "Making Contact", le groupe est au plus mal. L’album se vend mal, les critiques sont assassines, le public boude le disque et pour ne rien arranger, l’ambiance dans le groupe est délétère. Pendant un concert, Phil Mogg, à bout de force et bien éméché, s’écroule sur scène. La tournée est définitivement annulée. Paul Chapman, Neil Carter, Andy Parker décident de quitter le vaisseau, excédés qu’ils sont par le caractère imprévisible, insupportable, la personnalité ingérable, bagarreuse et portée sur la bouteille de Phil Mogg. Le chanteur, fort en gueule mais à la voix en or, part s’installer en Californie. En 1985, il décide de faire décoller à nouveau le vaisseau UFO. Il engage un tout jeune guitariste répondant au nom de Atomik Tommy M puis fait appel aux vétérans Paul Gray à la basse et Jim Simpson à la batterie. Répond aussi présent Paul Raymond à la guitare et aux claviers. Ce dernier avait rejoint UFO sur l’album "Lights Out". Il était présent sur "Obsession", "Strangers In The Night" et "No Place To Run". Le Glam et le Hard-FM sont en tête des ondes aux States et un peu partout dans le monde sauf en l’irréductible France fidèle à son inculture rock, à la médiocrité de ses radios libres. Mais ceci est un autre débat qui ne doit pas gâcher le plaisir que je prends en rédigeant pour vous cette passionnante et riche discographie d’UFO. Malheureusement, dans le cas de ce "Misdemeanor", la pilule est amère. La production de Nick Tauber, le monsieur à jamais associé dans mon cœur et mon esprit à une découverte musicale qui quarante-deux après continue à me bouleverser à un point tel qu’en écrivant ces lignes je ne peux m’empêcher de verser une larme, possède tous les défauts sonores de ces belles années quatre-vingt. Son de batterie horripilant, clinquant et parfaitement synthétique à l’oreille. Synthétiseurs à tous les étages, réverbération à tous les paliers. Bref, le son tout pourri et affreux des années quatre-vingt pour les nuls. Et les compositions dans tout cela ? Rien de transcendant mais rien de rédhibitoire non plus. L’album s’écoute avec plaisir mais à aucun moment on ne retrouve la magie d’UFO. Et pour cause, "Misdemeanor" sonne comme tout ce qui se faisait à l’époque mais est très loin des standards de qualité des Bon Jovi, Journey, Foreigner, Bad English, Bryan Adams, Heart, Toto, Dokken, Cinderella, Great White et bien d’autres groupes encore. Mais plus que tout, seule la voix de Phil Mogg, en grande forme, nous rappelle qu’on écoute un album d’UFO. "Misdemeanor" est une curiosité et pour le coup un véritable ovni dans la belle discographie du groupe qui jusque-là ne nous avait offert qu’excellence et classe. La traversée du désert ne faisait que commencer…























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Re: UFO

Message par gato13 » 10 novembre 2025, 11:00

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(1992)

Sept années se sont écoulées entre la sortie du très controversé "Misdemeanor" et celle de ce "High Stakes & Dangerous Men". Lorsque parait en 1992 ce treizième album studio d’UFO, la déferlante grunge a envahi les ondes et rebattu les cartes musicales d’un public toujours avide de nouveaux sons pourvu que ça le débarrasse de la vieille garde. On suit la mode, on renie son patrimoine musical mais les dinosaures continuent à s’accrocher sans défaillir, sans se renier ou presque. Phil Mogg veut y croire et fait appel à son fidèle complice Pete Way afin de rallumer la flamme d’UFO qu’ils ont ensemble fondé en 1969. Ils recrutent l’ex guitariste de Grand Slam, groupe du regretté Phil Lynott, Laurence Archer et le batteur Clive Edwards. L'album renoue avec un son bien plus rock et bluesy que sur les deux précédents disques, la priorité est clairement donnée aux guitares, les claviers tenus par Don Airey restent quant à eux très discrets. Il s’agit clairement d’un très bon album exécuté par de vieux briscards qui s’y connaissent en termes d’efficacité. On ne suit pas la mode, on ne retourne pas sa veste, on riffe chaleureusement, on mitonne des refrains accrocheurs et on décroche des solos qui décoiffent sans trop d’esbrouffe. C’est clair que le jeu sec de Laurence Archer est plus proche d’un Paul Chapman, sans toutefois avoir le phrasé et le sens de la mélodie de ce dernier, que d’un Michael Schenker flamboyant et virtuose. Les titres énergiques comme "Borderline", "Primed For Life", "Running up the Highway", "Let the Good Times Roll" remplissent haut la main leur contrat. "She's the One" et "Don't Want to Loose You" rappellent un peu plus l’aspect AOR du groupe tandis que les très réussies "One of Those Nights", "Revolution" et "Love Deadly Love" renouent fièrement avec le glorieux passé mélodique du groupe. Voici donc un retour aux affaires placé sous le signe du rock qui voit l’arrivée de chœurs féminins sur certains titres, une place moins prépondérante accordée aux claviers pour un résultat très satisfaisant. Album réussi et homogène à la production organique, "High Stakes & Dangerous Men", avec son petit succès critique et public, conduira à la reformation du line-up classique d’UFO et à la sortie en 1995 du superbe "Walk On Water". À suivre…

























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Message par gato13 » 11 novembre 2025, 14:26

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(1995)

On avait retrouvé UFO en 1992 avec le réussi "High Stakes & Dangerous Men". Pendant la tournée de 1993, Andy Parker, Paul Raymond et Michael Schenker ont rejoint Phil Mogg et Pete Way. La Dream Team à nouveau réunie, on se prend à rêver. Les cinq qui sont à l’origine des mythiques "Lights Out", "Obsession" et "Strangers In The Night" de retour en studio sous la houlette de Ron Nevison, producteur des albums précités, va-t-on assister à un miracle ? "Walk On Water" parait, uniquement sur le marché japonais, en 1995 puis en 1997, l’album sort en Europe et enfin aux USA en 1998. Au programme, huit nouvelles compositions plus deux réenregistrements des classiques "Lights Out" et "Doctor Doctor". Des relectures anecdotiques qui ne sont là que pour faire le lien avec le glorieux passé. Mais qu’en est-il des huit nouveaux titres ? De l’excellence, de la quintessence, de la brillance, de l’inspiration à tous les niveaux. On retrouve le UFO des grandes heures. Riffs acérés, couplets accrocheurs, refrains superbes, arrangements somptueux, mélodies mémorables et solos remarquables. Phil Mogg est au top, à la rythmique Andy Parker et Pete Way assurent, Paul Raymond tisse des nappes de claviers subtiles et Michael Schenker est éblouissant. Que ce soit en rythmique ou en solo, l’ange blond illumine de son immense talent les huit chansons de ce "Walk On Water". "A Self Made Man", "Venus", "Pushed to the Limit", "Stopped By A Bullet (Of Love)", "Darker Days", "Running On Empty", "Knock, Knock", "Dreaming Of Summer" n’ont pas à rougir de leurs glorieuses aînées. Ces huit superbes compositions, admirablement produites, résument à elles seules le talent et l’importance de ce génial ovni, fleuron d’un hard-rock britannique de très grande classe. Un album remarquable.

















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Message par gato13 » 12 novembre 2025, 20:51

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(2000)

Que s’est-il passé dans le vaisseau UFO entre 1995 et 2000 ? Pour citer le génial et regretté Leslie Nielsen, y-avait-il un pilote à bord de l’ovni ? Non, il y avait trois pilotes dont un sacré zozo instable, ingérable qui bien que sacralisé Guitar-Hero au touché divin doit certainement être, en restant poli, un poil lunatique, en oubliant les bonnes manières, un emmerdeur de première. Et oui, pendant les cinq années qui séparent le superbe "Walk On Water" et cet album, le ténébreux et bougon Michael Schenker a encore fait des siennes, a multiplié les frasques en quittant puis en réintégrant plusieurs fois UFO. Les deux autres pilotes Phil Mogg et Pete Way n’étant pas en reste dans le style bagarreur et bibines à foison, la UFO Party a battu son plein pendant ces interminables mois d’attente pour les fans et la maison de disques qui fort heureusement, connaissant les trois lascars avaient prévu le coup en stipulant que le groupe devait au moins trois albums d’UFO avec ses membres historiques. Ouf, il s’en est fallu de peu pour que ce "Covenant", quinzième album studio du groupe, ne voit jamais le jour. Il en fut autrement. Mais avant de rentrer dans le détail et pour que l’ovni britannique soit fidèle à sa légende, pendant ce long périple de cinq ans, les fidèles Paul Raymond et Andy Parker, lassés et déboussolés par le ridicule vaudeville du trio infernal et le bruit assourdissant des portes qui claquent, ont quitté leur UFO chéri pour rejoindre l’équipage du vaisseau spatial USS Enterprise (NCC-1701), lui aussi en mission pendant cinq ans afin d’explorer la galaxie sous le commandement du Capitaine Kirk. À bord de l’UFO, le voyage n’est jamais un long fleuve tranquille. Mais qu'en est-il de cette arlésienne, heu pardon, déformation natale, veuillez m’excuser, qu’en est-il de ce "Covenant" ? Au menu, du très bon, de l’excellent et du très haut niveau. Comme quoi avoir trois caractères de cochons dans un même groupe, ça peut aider. Phil Mogg est impérial sur tout l’album. Pete Way aidé par le batteur Aynsley Dunbar fait des étincelles. Quant à Michael Schenker, il brille comme aux plus belles heures. En solos inspirés et lumineux, décochant des riffs redoutables, il est absolument remarquable. Tout comme le sont des merveilles telles que "Love is Forever", "Unraveled", "Miss The Lights", "Midnight Train", "Fool's Gold", "In the Middle of Madness", "Rise Again", "Serenade" et "The World and His Dog". Les morceaux "The Smell Of Money" et "Cowboy Joe" sont un ton en dessous mais se laissent tout de même écouter. "Covenant" est un album en tout point remarquable qui a fière allure au coté de ses illustres prédécesseurs. Sacrés caractères que ces Michael Schenker, Phil Mogg et Pete Way mais une fois apaisés et réunis, ils forment un sacré groupe nommé UFO.























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Re: UFO

Message par gato13 » 13 novembre 2025, 21:52

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(2002)

Deux ans après l’excellent "Covenant", UFO sort "Sharks", son seizième album studio. Quand on compare aux cinq années qui se sont écoulées entre "Walk On Water" et "Covenant", on se dit que cela tient du miracle. Et en effet, miracle il y a eu lieu. Phil Mogg, Michael Schenker et Pete Way se sont tenus tranquilles. Ils ont été bien sages. Mieux, ils ont gardé avec eux le batteur Aynsley Dunbar. Deux albums d’affilée avec la même formation, ça se fête. Hélas, le miracle pour le coup n’est pas musical. Avec ce bien triste "Sharks", nous somme en eaux troubles voire par instants dans l’abysse le plus profond. Pas un mauvais album en soi mais plutôt l’album d’un groupe dont l’un des membres se contente du minimum syndical pour être gentil. Peu concerné par ce qu’il joue et écrit, en panne totale d’inspiration, décevant, Michael Schenker, mis à part quelques fulgurances dont il a le secret, est le point faible de l’album. L’impeccable Phil Mogg plus les remarquables Aynsley Dunbar et Pete Way font ce qu’ils peuvent pour sauver les meubles et éviter le naufrage. Leur soliste et compositeur adulé, guitariste stratosphérique, est complètement perdu en cette bien triste période de sa vie professionnelle. En proie à ses démons alcooliques et ruiné suite au départ de son manager avec la caisse, Michael Schenker n'est plus que l’ombre de lui-même. Riffs mollassons, solos peu inspirés, bâclés ou désastreux. Heureusement, dans ce marasme musical, cinq chansons salvatrices nous confirment que nous sommes en train d’écouter une légende du hard-rock britannique qui se nomme UFO. "Outlaw Man" et "Quicksilver Rider" ouvrent l’album avec brio. Rappelant l’aspect progressif et le lyrisme d’un Deep Purple ou d’un Led Zeppelin, la sublime "Serenity" est le sommet de l’album. Superbe performance de Phil Mogg sur cette chanson ambitieuse. "Deadman Walking" est aussi une des réussites de l’album avec ses divers sons de guitare et ses nombreux changements de rythme. La sublime "Sea of Faith" nous rappelle qu’on aime le UFO qui écrit des titres imparables et mélodiques d'un tel niveau. Cinq titres et puis plus rien. Les poussifs "Shadow Dancer", "Someone's Gotta Have to Pay", "Fighting Man", "Perfect View" et "Crossing Over" sont indigestes. Quant à "Hawaii" qui clôt l’album, il s’agit d’un court instrumental qui ne sert strictement à rien. Aucune tournée ne fût entreprise pour promouvoir l’album. Sans gloire ni panache, ainsi se termine l’ultime chapitre d’UFO sous l’ère Michael Schenker. Deux ans plus tard, les infatigables Phil Mogg et Pete Way retrouveront Paul Raymond aux claviers. Les trois en compagnie des excellents Vinnie Moore à la guitare et Jason Bonham à la batterie voleront à bord du vaisseau UFO vers de nouvelles aventures musicales. À suivre…





















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Re: UFO

Message par gato13 » 15 novembre 2025, 16:36

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(2004)

En 2002, le décevant "Sharks" clôt définitivement l’ère Michael Schenker. Pour grand nombre de fans pour qui UFO n’existe qu’en la présence de l’ange blond germanique, c’est la douche froide. Les deux compères restant Phil Mogg et Pete Way se retrouvent à nouveau seuls à bord du vaisseau. Déterminés à poursuivre l’aventure commencée ensemble en 1969, ils voient le retour du multi-instrumentiste Paul Raymond ainsi que l’arrivée de Vinnie Moore à la guitare et de Jason Bonham à la batterie. Sous la houlette du producteur Tommy Newton (Ark, Gamma Ray, Helloween), le groupe enregistre son dix-septième album studio. Dopé par une production sensationnelle, "You Are Here" parait en 2004. D’entrée, ce qui frappe, mis à part l’excellence du son, c’est la texture musicale du nouveau UFO. Déjà entraperçues sur les deux précédents albums, les sonorités bluesy s’adaptent clairement au nouveau timbre vocal plus rocailleux, plus grave d’un Phil Mogg qui n’en demeure pas moins impérial. Caractériel notoire mais intelligence professionnelle qui est tout à son honneur. En ayant bien pris conscience de cette donnée principale, UFO propose alors un hard-rock aux accents blues, aux tempos moins rapides mais tout autant énergiques sans oublier l’exigence qu’a le groupe à soigner tout particulièrement l’aspect mélodique de sa musique. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le trio de tête "When Daylight Goes To Town", "Black Cold Coffee" et "The Wild One" est efficace en diable. Autre bonne nouvelle qui rassure, Vinnie Moore n’est pas que le guitariste fougueux issu de l’école Mike Varney que l’on a découvert dans les années quatre-vingt. On a l’impression qu’il est dans le groupe depuis des décennies tant il a su se fondre avec classe et respect dans la musique du groupe. On a affaire non pas à un shredder mais à un formidable guitariste de rock certes très technique mais toujours au service des compositions. À ce titre la géniale "Give It Up" est certainement la meilleure chanson qu’auraient pu écrire les frères Young dans les années deux mille. Sauf qu’elle figure au répertoire d’UFO et non pas à celui d’AC/DC. C’est dire la qualité de cette petite bombe rock’n’roll. Le tempo ralentit un peu avec les réussies "Call Me" et "Slipping Away". "The Spark That Is Us" et "Sympathy" continuent elles aussi sur des rythmes lents mais leurs ambiances teintées de mélancolie traversées par des parties plus énervées sont du plus bel effet d’autant plus que la production leurs donnent une aura céleste qui n’est pas pour déplaire. Arrive alors la sublime "Mr Freeze", sommet de l’album où un couplet envoûtant et un refrain somptueux sont transcendés par un fabuleux solo de Vinnie Moore. À peine le temps de reprendre son souffle qu'un formidable riff hendrixien démarre l'épatante et surprenante "Jello Man" suivie par la belle "Baby Blue" qui nous renvoie au UFO de l’époque "Phenomenon". L’album se termine avec "Swallow" où là encore brillent les talents de Phil Mogg, Vinnie Moore, Pete Way, Paul Raymond et Jason Bonham. Ce nouveau UFO a rapidement trouvé ses marques en proposant avec ce remarquable "You Are Here" un album de grande qualité qui pose les bases de ce que proposera le groupe par la suite. L’ère UFO avec à son bord Vinnie Moore a parfaitement réussi son décollage. Suite des aventures au prochain épisode…

























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Re: UFO

Message par gato13 » 16 novembre 2025, 20:59

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(2006)

Deux ans après un très convaincant "You Are Here", on retrouve Phil Mogg, Vinnie Moore, Pete Way et Paul Raymond à bord de notre UFO préféré. Mais où est passé Jason Bonham ? Il est parti à l’étranger ou plutôt il a voyagé outre-Atlantique pour aller intégrer Foreigner. Vous me direz qu’il y a pire comme destination musicale. Mais qui voilà ? Andy Parker est de retour au poste de batteur. Nos voici donc avec un UFO comprenant dans ses rangs trois des fondateurs du groupe qui sont Phil Mogg, Pete Way et Andy Parker plus l’éternel revenant Paul Raymond déjà présent sur quatre albums studio et un live d’anthologie. C’est dans cette configuration idéale que UFO retourne en studio pour enregistrer le second album de l’ère Vinnie Moore. "The Monkey Puzzle" est le dix-huitième album en trente-sept années d’existence. Belle constance pour un groupe spécialiste des chaises musicales au sein de sa formation. Paru en 2006, "The Monkey Puzzle" confirme le net regain de forme du groupe constaté sur le précédent album. À nouveau produit par Tommy Newton, ce nouvel opus au son moderne bénéficie grandement de l’entente qui règne dans le groupe et de la parfaite alchimie musicale entre les musiciens. "The Monkey Puzzle" est homogène et présente peu de moments faibles. La texture bluesy plus que jamais présente dans chacun des titres s’harmonise à merveille avec la nouvelle tessiture vocale de l’impérial Phil Mogg. La dynamique "Hard Being Me" lance l’album dans un esprit bien rock’n’roll. Un titre assez typé Rolling Stones avec son piano en filigrane et son refrain efficace. "Heavenly Body" bâtie sur un tempo bien plus lent sonne presque comme du Stoner. Piano Moog, harmonica pour "Some Other Guy", morceau blues-rock qui là aussi aurait pu être écrit par les Glimmer Twins. Un des sommets de l’album. Avec "Who's Fooling Who" on retrouve le UFO des compositions progressives et ambitieuses aux arrangements soignés des années soixante-dix. Une mélodie somptueuse, la superbe voix de Phil Mogg avec les merveilleux claviers de Paul Raymond sur lesquels se posent de sublimes interventions de Vinnie Moore. Un autre sommet de l’album immédiatement suivi par un nouveau climax avec la géniale "Black And Blue", un bijou made in Paul Raymond qui permet à l’ensemble du groupe de briller de mille éclats. L’émouvante "Drink Too Much" est la toute première ballade du disque. Une chanson gorgée de feeling sublimée par la grande classe d’un Phil Mogg touchant auquel la guitare d’un Vinnie Moore inspiré est l’idéale partenaire. Direction la Nouvelle-Orléans avec "World Cruise", bon rock’n’roll aux accents de la Louisiane qui fait taper énergiquement du pied au rythme des interventions endiablées du talentueux Vinnie Moore. Incandescente réussite tout comme l’est "Down By the River" avec ses chœurs féminins en accompagnement de Phil Mogg. "Good Bye You" est une semi-ballade délicate à l'évidente mélodie. On remet le pied au plancher, le mouvement de tête qui va d’arrière en avant avec "Rolling Man". C’était la leçon d’efficacité made in UFO. "Kingstown Town" est la conclusion mélancolique sur un mid-tempo tranquille voire apaisant. "The Monkey Puzzle" est la preuve absolue que le remarquable "You Are Here" n’était pas dû au hasard. UFO est bel et bien revenu au niveau d’excellence qui fut le sien dans les belles années soixante-dix et quatre-vingt en enregistrant deux admirables albums consécutifs en trois ans. L’ère Vinnie Moore n’a pas encore fini de nous surprendre…























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Re: UFO

Message par gato13 » 17 novembre 2025, 19:15

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(2009)

Troisième album de l’ère Vinnie Moore, "The Visitor", dix-neuvième album studio du groupe, parait en 2009. Il est produit par Tommy Newton qui, comme sur les deux précédents opus, fournit au groupe un son moderne tout en respectant le grain vintage de la musique. On note que Pete Way est absent pour cause de maladie. À sa place, le musicien Peter Pichl enregistre la basse aux cotés des vétérans Phil Mogg au chant, Andy Parker à la batterie, Paul Raymond aux claviers et Vinnie Moore à la guitare. Forts des grandes réussites de "You Are Here" et "The Monkey Puzzle", UFO persiste et signe avec son hard-rock orienté blues qui lui réussit si bien compte tenu de la tessiture vocale du plus tout jeune Phil Mogg. Un Phil Mogg qui une fois encore est impérial tout au long du disque. Dès l’entame de l’album, l’auditeur est surpris par l’ensorcelante slide-guitare qui débute l’inspiré "Saving Me". C’est chaleureux, envoûtant, mélodique et diablement efficace. Il va en être de même pour les onze titres écrits pour la plupart par le tandem Phil Mogg et Vinnie Moore, pour trois d’entre eux par Paul Raymond et pour l’un d’eux par Andy Parker et Robert Barth. "On The Waterfront" renforce cet esprit blues véhiculé par la musique du groupe et l’excellente production de l’album. "Hell Driver" se fait bien plus mordante portée par un riff accrocheur et un refrain énergique. Les remarquables "Stop Breaking Down", "Rock Ready", "Can't Buy a Thrill", "Vilains and Thieves", "Stranger In Town", "Dancing With St. Peter" sans oublier la ballade "Forsaken" confirment que le groupe est totalement revigoré, que son inspiration est intacte mais plus que tout que les musiciens prennent un plaisir immense à jouer de la musique ensemble. Cela s’entend, cela se ressent à chaque note jouée, à chaque intonation de voix. Il règne au sein du groupe un sentiment de plénitude, de cohérence musicale acquise depuis les réussites des deux albums précédents "You Are Here" et "The Monkey Puzzle" qui ne peuvent qu’être positives et bénéfiques à l’album qui leurs succède. "The Visitor" est celui-ci, il est en tout point remarquable et confirme bien l’adage jamais deux sans trois. Décidément, le recrutement du talentueux Vinnie Moore a fait le plus grand bien à UFO, cette fière institution anglaise garante d’un superbe héritage discographique et gardienne d’un hard-rock classieux et intemporel. À suivre…























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Re: UFO

Message par gato13 » 18 novembre 2025, 20:51

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(2012)

"Seven Deadly" est le vingtième album studio d’UFO et le quatrième de l’ère Vinnie Moore. La formation reste inchangée et en l’absence de Pete Way, en retraite pour raison médicale, la basse est tenue par Lars Lehmann. Tommy Newton est pour la quatrième fois consécutive à la production. Et encore une fois il effectue un travail d’orfèvre en offrant au groupe un son puissant et moderne qui ne dénature pas les ambiances blues rock du hard-rock énergique, mélodique, classieux et chaleureux que pratique UFO. On est en terrain connu mais cet esprit vintage fait un bien fou. L’album démarre avec l’excellente "Fight Night" au riff rock’n’roll des plus efficaces à laquelle succède le tempo beaucoup plus rapide d’une "Wonderland" qui fait son petit effet Heavy. Avec une entame pareille, on se dit que si l’intégralité de l’album est du même acabit, on est peut-être en présence d’un grand millésime. Sans être ennuyeuse, bien au contraire, "Mojo Town" est une composition bluesy qui ralentit admirablement le tempo. La belle "Angel Station" est la première ballade de l’album et comme bien souvent avec UFO, elle est réussie. Tout comme "Year of the Gun", "The Last Stone Rider" et "Steal Yourself", les trois redoutables mid-tempo qui précèdent la délicate "Burn Your House Down" qui est sans conteste un des sommets de l’album. Phil Mogg est poignant sur cette somptueuse mélodie mélancolique. On hausse le rythme avec le groove de l’entrainante "The Fear" et son diable d’harmonica. La magnifique "Waving Good Bye" clôt l’album avec des mélodies acoustiques et électriques accrocheuses sur nappes d’orgue Hammond. C’est l’autre sommet de l’album. L’édition limitée de l’album contient deux morceaux bonus de très bonne facture avec en plus de l’énergique "Other Men's Wives", un langoureux "Bag o' Blues" au piano et voix tout à fait réussi. À l’image de ses deux premières excellentes chansons, "Seven Deadly" est bel et bien un grand album de plus à ajouter à la discographie de cette immense institution qu’est UFO. "Seven Deadly" que l’on peut considérer comme étant l’un des meilleurs albums d’UFO sous l’ère Vinnie Moore. Formidable guitariste, éblouissant à chacune de ses interventions solos, il est aussi un compositeur inspiré et talentueux puisqu’il a écrit avec Phil Mogg huit des douze chansons que contient cet indispensable et remarquable "Seven Deadly".

























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