Toto

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gato13
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Re: Toto

Message par gato13 » 10 décembre 2025, 15:12

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(1999)

En 1989, Bobby Kimball réintègre brièvement Toto avant que CBS, la maison de disques, n’oblige le groupe à recruter le chanteur Jean-Michel Byron pour l’enregistrement de quatre titres inédits pour la nouvelle compilation intitulée "From Past To Present 1977-1990". Avant cela, Toto a eu le temps d’enregistrer une nouvelle composition avec Bobby Kimball au chant. Cette excellente "Goin' Home" ne paraîtra qu’en 1998 sur l’album "Toto XX : 1977-1997". Un an plus tard, après une tournée anniversaire pour les vingt ans du groupe, Bobby Kimball est à nouveau la voix de Toto. Après le chef-d’œuvre "Kingdom Of Desire" et le superbe "Tambu" enregistrés avec Steve Lukather comme unique chanteur, le groupe se retrouve de nouveau à cinq lorsqu’il retourne en studio pour donner un successeur à "Tambu". Dixième album studio de Toto, "Mindfields" paraît en 1999. L’album comporte treize nouveaux titres plus un bonus nommé "Spanish Steps of Rome" pour l’édition japonaise. Toto étant décidément un groupe de joyeux farceurs, à sa parution, l’édition standard sans bonus voyait sa tracklist commencer avec "After You've Gone" et se finir avec "Better World (Parts I, II et III)". En 2018, l’intégrale de Toto intitulée "All In 1978-2018" comprend l’ensemble des albums studio de 1978 à 1999 entièrement remastérisé ainsi qu’un album live de 1980 et un album de titres inédits. Pour la commercialisation de ce coffret, la tracklist de "Mindfields" a été entièrement bouleversée avec le rajout officiel du titre bonus de l’édition japonaise intitulé à présent "Spanish Steps" et le morceau "Better World (Parts I, II et III)" rebaptisé "Better World". Cette nouvelle édition référence est celle dont je vais détailler le contenu. La production minutieuse de l’album orne les chansons d’un son ample, fin, puissant, clair et organique. L’inspiration est multiple, l’interprétation est impériale. Album de retrouvailles, "Mindfields" est une suite polyvalente de musique festive, jouée sans contrainte, sans obligation ni restriction aucune. Le groupe semble heureux d’être à nouveau réuni avec pour seul objectif de s’éclater. Et ça s’entend dès l’entame de l’album. "Cruel", "Mysterious Ways" et "Mindfields" rassurent d’entrée sur l’excellence de la musique. De plus, on retrouve un Bobby Kimball dans une forme vocale éblouissante. L’exemple parfait étant "High Price Of Hate", slow blues en forme de jam qui s’étire sur presque dix minutes où les interventions époustouflantes d’un Steve Lukather en furie répondent à la prestation d’un Bobby Kimball habité comme jamais. L’épatant et groovy "Selfish" nous confirme encore plus que nous sommes bien en présence d’un Toto épanoui de pouvoir jouer en toute quiétude la musique qui lui plait et ce pour le plus grand bonheur du fan heureux que je suis. "No Love" est une semi ballade acoustique efficace avec un harmonica bien venu et un Steve Lukather en grande forme vocale. "Caught In The Balance" est un des morceaux phares de l’album. Un titre comme seul un Toto en état de grâce peut écrire. Intro reggae, riff accrocheur, couplet inspiré, refrain irrésistible et solo somptueux pour un joyau dans la plus pure tradition Toto. Autre registre dans lequel excelle le groupe, la ballade. "Last Love" en est la preuve éclatante avec là encore une chaleureuse performance vocale de Steve Lukather. "Mad About You" est un tube en puissance et serait certainement devenu un classique du groupe s’il avait été écrit à l’époque du "IV" ou de "The Seventh One". Il aurait pu en être de même pour la formidable "One Road", véritable écrin pour la sublime voix de Bobby Kimball. Les pianos de David Paich y sont divins. "Melanie" est une ballade suave à la délicate mélodie portée par le rythme chaloupé de l’impeccable section rythmique Mike Porcaro et Simon Phillips. Une fois encore, la voix chaleureuse de Steve Lukather fait des merveilles. "After You've Gone" est un des très grands moments du disque avec ses sonorités indiennes, ses tablas, son sitar et ses merveilleuses harmonies vocales. L’ombre des Beatles plane sur cette superbe composition. En composant un chef-d’œuvre comme "Better World", Toto nous offre un nouveau morceau de bravoure dont il a le secret en renouant magnifiquement avec ses racines progressives. Un titre majeur du répertoire du groupe. Ce titre qui concluait en beauté l’édition internationale originale est maintenant suivi d’une quatorzième piste. Heureusement que le groupe a enfin décidé d’intégrer dans la tracklist de l’album "Spanish Steps of Rome" qui était le titre bonus de l’édition japonaise. Dorénavant intitulé "Spanish Steps", on se demande comment Toto a pu commettre une telle erreur inexplicable, inexcusable en omettant cette sublime chanson aux accents hispaniques sur laquelle on retrouve avec joie la voix grave de David Paich. Un manquement aujourd’hui réparé avec cette édition somptueusement remastérisée, comme le sont les autres albums du coffret "All In 1978-2018", qui nous permet de profiter dans des conditions optimales de ce fabuleux "Mindfields" que votre humble serviteur considère comme étant un nouveau chef-d’œuvre à ajouter à la discographie de Toto.





























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gato13
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Re: Toto

Message par gato13 » 13 décembre 2025, 20:44

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(2006)

En 1999 Toto clôt son contrat avec Sony en publiant le deuxième album live de leur carrière, l’excellent "Livefields". Le groupe fonde son propre label qui sera distribué par EMI. En 2002, en pleine préparation de la future tournée mondiale prévue pour fêter les vingt-cinq ans du groupe, Steve Lukather propose un album de reprises en lieu et place d’un nouvel opus que Toto, lié par son contrat avec EMI, doit enregistrer. "Through The Looking Glass" parait en 2002 et, pour votre humble serviteur, revêt peu d’intérêt d’où l’absence d’une chronique plus détaillée le concernant. La magnifique tournée anniversaire de 2003 où ne seront joués que deux extraits de "Through The Looking Glass" à savoir "While My Guitar Gently Weeps" des Beatles et "Bodhisattva" de Steely Dan, est immortalisée visuellement sur le magnifique Blu-ray "25th Anniversary : Live In Amsterdam". Pendant les concerts de cette tournée, Toto dans une forme éblouissante revisite, réarrange, lors de deux longs medleys d’anthologie, un grand nombre de classiques et de titres rarement interprétés en live. Un must-have pour les inconditionnels du groupe. Puis, silence radio pendant trois longues années avant que le groupe ne signe un nouveau contrat avec le label italien Frontiers Records. En tenant compte de "Through The Looking Glass", "Falling In Between" est donc la douzième œuvre studio de Toto, sept ans après le chef-d’œuvre "Mindfields". David Paich, Bobby Kimball, Mike Porcaro, Steve Lukather, Simon Phillips et le nouveau venu Greg Phillinganes (claviers, chant) peuvent compter sur les participations prestigieuses de nombreux invités dont Steve Porcaro, Lenny Castro, Joseph Williams, Ian Anderson. La puissante "Falling In Between" ouvre l’album et l’on sait d’entrée que le groupe veut en découdre. Steve Lukather balance un riff énorme à la Dream Theater, groupe que le guitariste admire, tandis que Bobby Kimball avec ses vocaux rageurs trouve en Greg Phillinganes et sa voix soul un partenaire de choix. Ce morceau est un classique instantané qui passera brillamment le cap de la scène en ouvrant les concerts de la tournée qui suivra la sortie de l’album. La remarquable "Dying On My Feet" aux accents jazzy et ses multiples breaks musicaux se finit en apothéose avec des cuivres en folie qui pulsent le final instrumental afro-américain de toute beauté. La voix chaleureuse de Joseph Williams sublime les chœurs de la ballade "Bottom Of Your Soul" qui, plus afro que ne le fût en 1982 la mythique "Africa", a le potentiel pour devenir un futur grand classique du répertoire de Toto. La géniale "King Of The World", l’efficace "Hooked" et la furie rock "Taint Your World", que n’aurait certainement pas renié l’ami de Steve Lukather que fût le regretté Eddie Van Halen, nous rappellent que Toto peut rivaliser avec n’importe quel groupe de rock quand il s’agit de monter le son et d’accélérer le tempo. Juste au cœur de cette triplette énergique, l’épurée et délicate "Simple Life" adoucit l’atmosphère alors que Steve Lukather se met à nu vocalement seul accompagné par un piano. C’est à Greg Phillinganes de briller sur la jazzy, groovy et funky "Let It Go" jusqu’à ce qu’une géniale mélodie vienne nous rappeler que chez Toto le refrain est sacré. David Paich, Bobby Kimball et Greg Phillinganes sont tout en retenue pour faire de la bouleversante et intime "Spiritual Man" un nouveau chef-d’œuvre du groupe dont l’émotion atteint son zénith lors du grandiose final gospel en forme de cantique. Bobby Kimball est à nouveau au top sur la superbe "No End In Sight" avec ses nombreux arrangements impeccables qui conclut avec classe et inspiration ce douzième album de Toto. Tout comme "The Seventh One", "Kingdom Of Desire" et "Mindfields", "Falling In Between" est un nouveau chef-d’œuvre de Toto.





















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gato13
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Re: Toto

Message par gato13 » 15 décembre 2025, 20:31

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(2015)

Cela fait neuf ans que Toto n’a plus enregistré d’album. Un petit retour en arrière s’impose pour comprendre une si longue absence. En 2008, face au retrait de David Paich pour raisons familiales, à la maladie de Charcot dont est atteint le pauvre Mike Porcaro, Steve Lukather, lui aussi en proie avec de sérieuses addictions, décide que Toto n’a plus lieu d’être étant donné que plus aucun membre de la famille Porcaro n’officie en son sein. C’est la fin de l’aventure humaine et musicale débutée en 1977. Amis depuis le lycée, en 2010, Steve Lukather, David Paich, Steve Porcaro et Joseph Williams, en compagnie du fidèle Simon Phillips programment une tournée de réunion afin de lever des fonds pour payer les lourdes charges nécessaires au traitement de la maladie de Mike Porcaro. La tournée est un succès et le groupe de nouveau soudé envisage dès 2014 l’enregistrement d’un nouvel album. Juste avant l’entrée en studio, le bassiste Nathan East et le batteur Simon Phillips, présent depuis plus de vingt ans, quittent le groupe. David Hungate, premier bassiste du groupe, fait son grand retour et Keith Carlock, batteur de Steely Dan, intègre Toto qui peut aussi compter sur la présence de musiciens tels que Lenny Castro aux percussions, Leland Sklar et Tal Wilkenfeld à la basse entre autres. Toto ayant toujours considéré "Toto XX : 1977-1997" comme un album à part entière, "XIV" est le quatorzième opus studio du groupe dont la sortie sera attristée par l’annonce cinq jours plus tôt du décès de Mike Porcaro le 15 mars 2015. Steve Lukather (guitares et chant), David Paich (claviers et chant), Joseph Williams (chant), Steve Porcaro (claviers et chant), David Hungate (basse) et Keith Carlock (batterie) sont donc aux commandes de cet album que beaucoup de fans n’osaient plus espérer. Ce qui frappe immédiatement à l’entame du premier titre, c’est la production exemplaire dont vont bénéficier les onze nouvelles compositions du groupe. C’est un écrin sonore idéal pour la musique de Toto dont l’inspiration et l’interprétation n‘accusent ni limites ni failles. Les six merveilleuses chansons que sont "Running Out Of Time", "Burn", "Holy War", "21st Century Blues", "Orphan" et "Unknown Soldier" confirment bien que nous sommes en présence du meilleur de Toto. Arrangements somptueux, vocaux impériaux, son organique, mélodies soignées, virtuosité, émotion, lyrisme, efficacité, simplicité et richesse de l’éventail musical de ces artistes orfèvres et passionnés. La délicate "The Little Things" est une nouvelle petite douceur chère à Steve Porcaro. L’irrésistible réussite qu’est "Chinatown" n’a rien à envier à sa jumelle "Georgy Porgy" tant ces deux merveilles sont parfaites en leur genre. La voix grave de David Paich se rappelle à nous avec la belle "All The Tears That Shine". Le groove que Toto affectionne tant et maîtrise à merveille depuis ses débuts pulse la géniale "Fortune" avant que la monumentale "Great Expectations" avec ses moult arrangements ambitieux, sa grandeur et ses multiples facettes ne s’imposent comme un énième morceau de bravoure progressif dont Toto est devenu un grand spécialiste tout au long de sa carrière. Après avoir traversé de rudes épreuves humaines et professionnelles, en 2015, Toto signait un immense comeback avec ce "XIV" qui est à classer dans la catégorie chef-d’œuvre de ce groupe hors-norme qui quoi qu’on en dise ou quoi qu’en pense l’intelligentsia de la presse rock, a marqué de son empreinte musicale et humaine la musique rock de ces cinquante dernières années.

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Re: Toto

Message par gato13 » 16 décembre 2025, 23:09

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(2018)

En 2018, pour fêter dignement les quarante ans d’existence du groupe, Toto via Legacy, label de Sony Music, a réalisé un superbe coffret collector en édition limitée, numérotée et signée par les membres du groupe avec dix-sept vinyles, treize CD, un livre de quatre-vingt pages, le blu-ray du concert à Paris en 1990 plus des photos. Vendus seulement sur le site du groupe à un prix exorbitant, ces coffrets ont rapidement été en rupture de stock. Cette intégrale qui regroupe la quasi-totalité des albums de Toto pour Columbia et Sony a fait de nombreux déçus chez les fans qui n’ont pu ou n’avaient pas les capacités financières pour se l’acheter. Devant le grand succès rencontré par ce remarquable coffret et pour répondre à la forte demande des fans n’ayant pu l’acquérir, Sony Legacy a décidé de rééditer à un prix plus raisonnable et abordable ce fameux "Toto - All In 1978-2018" dans une version contenant les onze albums studio fantastiquement remastérisés par Toto et le producteur Elliot Scheiner. En plus des albums officiels et du livret de vingt-quatre pages qui accompagne le coffret, on a aussi l’inédit "Live In Tokyo EP" capturé durant la tournée de 1980 ainsi qu’un album intitulé "Old Is New" avec sept titres inédits et trois compositions écrites par le groupe en 2018 pour la compilation "40 Trips Around The Sun". Ces trois excellentes chansons que sont "Alone", "Spanish Sea" et "Struck By Lightning" sont du Toto haut de gamme et auraient très bien pu figurer sur "The Seventh One" pour les deux premières et sur "Kingdom Of Desire" ou alors "Falling In Between" pour la dernière. Jazzy, progressif et mélodique, "Devil's Tower", datant de 1981, est un classique instantané qui aurait dû se retrouver sur "Toto IV". Que la géniale "Fearful Heart" n’ait pas figurée sur "Fahrenheit", "The Seventh One" voire "Toto XIV" est une énigme à soumettre à Sherlock Holmes ou Hercule Poirot qui seront à rude épreuve pour résoudre l’enquête. "In A Little While" est une douce ballade acoustique sur laquelle brille la voix chaude de Steve Lukather. "Chelsea" est une pépite en forme de clin d’œil aux Beatles. "Chase The Rain" et "Oh Why" sont deux ballades pas mauvaises mais qui sont bien loin des standards d’excellence du groupe. L’album se conclut bizarrement avec un titre électro rock en compagnie du disc-jockey, compositeur et producteur américain de musique électronique Skrillex. Personnellement, cette alliance sur ce "We'll Keep On Running" est sans intérêt. Au final, "Old Is New" est un recueil d’inédits très intéressant pour les fans d’autant plus qu’il y a sept compositions très réussies qui auraient très bien pu se retrouver sur les albums officiels du groupe mais ce n’est clairement pas un disque destiné aux personnes qui aiment Toto pour leurs tubes radiophoniques. Espérons maintenant que l’entité Toto menée depuis dix ans par Steve Lukather et Joseph Williams se décide un jour à donner une suite musicale à cette magistrale carrière avec un nouvel album studio de Toto. On peut toujours espérer…





















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Classement albums :

01 - The Seventh One
02 - Kingdom Of Desire
03 - Isolation
04 - Hydra
05 - Fahrenheit
06 - Turn Back
07 - Toto
08 - Mindfields
09 - Toto XIV
10 - Falling In Between
11 - Toto IV
12 - Tambu
13 - Toto XX (1977-1997)
14 - Old Is New
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