
(1937)
Film majeur du réalisme poétique français et l'un des plus célèbres, "Pépé le moko" (1937) de Julien Duvivier est une date importante dans l'histoire du cinéma français. C'est le film qui va définitivement imposé Jean Gabin au panthéon du cinéma hexagonal et international alors qu'il venait de tourner trois chefs-d’œuvre consécutifs avec "La Bandera" (1935) et "La Belle Équipe" (1936), tous deux sous la direction de Julien Duvivier, suivi de "Les Bas-Fonds" de Jean Renoir en 1936. Après "Pépé le moko" et ce jusqu'en 1940, "Le Vieux" comme aimait l'appeler avec respect et reconnaissance Alain Delon, Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura, c'est dire la place qu'occupait cet acteur hors-norme qui venait de révolutionner le jeu au cinéma, allait enchaîner "La Grande Illusion" (Jean Renoir en 1937), "Gueule d'amour" (Jean Grémillon 1937), "Le Quai des brumes" (Marcel Carné) et "La Bête humaine" (Jean Renoir) sortis tous les deux en 1938 avant de finir la décennie en apothéose avec "Le jour se lève" de Marcel Carné en 1939. C'est peu de dire que Jean Gabin, entouré de seconds rôles exemplaires, devant la caméra de maîtres cinéastes et sous la plume des plus brillants dialoguistes de l'époque à savoir Jacques Prévert et Henri Jeanson avant la rencontre en 1955 avec Michel Audiard ("Gas-oil" de Gilles Grangier), a incarné dans ses magistrales interprétations l'archétype populaire des années trente (cheminot, légionnaire, malfrat, chômeur, déserteur et ouvrier gouailleur). "Pépé le moko" est une splendeur que je voie et revoie avec une émotion toujours aussi intense tant ce cinéma humaniste me bouleverse. Quant à mon admiration pour Jean Gabin et l'incroyable nombre de chefs-d’œuvre et de classiques du cinéma français qui ont jalonné sa carrière (95 films s'étalant de 1930 à 1976), elle est encore aujourd'hui profonde, sincère et intacte.
CHEF-D’ŒUVRE !!!
